Dans un nouvel épisode du podcast vidéo To Brass, animé par Rémi Lecomte et Valentin Plessix Moizan, le trompettiste Éric Mula livre un témoignage rare sur une carrière hors norme, construite loin des parcours académiques traditionnels.
Un parcours atypique, forgé sur le terrain
Né à Saint-Raphaël, Éric Mula découvre la trompette à l’âge de 8 ans en entendant une harmonie locale dirigée alors par Henri Salvador. Très tôt, il choisit la voie professionnelle, quittant l’école à 15 ans pour intégrer un orchestre de bal.
Il revendique aujourd’hui cette formation empirique : le bal, selon lui, reste « la meilleure école », imposant polyvalence, endurance et adaptation à tous les styles. Une expérience intense, avec jusqu’à 200 dates par an, qui façonne durablement son approche du métier.
Installé à Paris dès 18 ans, il s’impose progressivement comme l’un des trompettistes les plus sollicités de la scène française, accompagnant des figures majeures comme Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc ou encore Michel Jonasz. Sa carrière l’amène également à collaborer avec des artistes internationaux tels que Deep Purple.
Le grand public le connaît souvent sans le savoir : il est notamment l’interprète du célèbre solo de trompette du titre La Carioca, devenu une référence.
Une exigence quotidienne
Au fil de l’entretien, Éric Mula décrit une discipline de travail particulièrement rigoureuse. Il compare volontiers le trompettiste à un sportif de haut niveau : travail quotidien, endurance et constance sont indispensables.
Chaque matin, il consacre entre 1h30 et 2h à son instrument, dès 7h, sans interruption même en vacances. Pour lui, une pause prolongée se paie immédiatement au retour.
Cette exigence s’accompagne d’une vision claire du métier : la technique seule ne suffit pas. Le savoir-être, ponctualité, fiabilité, capacité d’adaptation, conditionne la longévité d’une carrière. « Le plus dur, ce n’est pas d’arriver, c’est d’y rester », rappelle-t-il.
Une carrière au service de la musique
Loin des discours théoriques, Éric Mula défend une approche instinctive du jeu. Il met en garde contre une analyse excessive, qu’il considère comme un frein à la spontanéité musicale.
Son parcours illustre également une conception universelle de la musique : malgré une carrière internationale, il souligne avoir souvent joué sans maîtriser la langue des pays traversés. Pour lui, la musique reste un langage autonome, capable de dépasser les barrières culturelles.
Parmi les moments marquants évoqués, il cite notamment une prestation lors des Césars, où il interprète seul un thème en hommage à Fellini, dans un contexte personnel difficile. Une expérience qu’il décrit comme son unique véritable trac.
Regards sur le métier aujourd’hui
L’un des aspects les plus marquants de cet entretien concerne son regard sur l’évolution du métier.
Éric Mula pointe d’abord une dégradation significative des conditions économiques pour les musiciens : baisse des cachets, précarisation des engagements et concurrence accrue. Il souligne également un manque de solidarité au sein de la profession, certains acceptant des conditions qui tirent l’ensemble du secteur vers le bas.
Autre sujet d’inquiétude : l’émergence de l’intelligence artificielle dans la production musicale. S’il parvient encore à distinguer les trompettes générées artificiellement, il reconnaît la rapidité et la qualité croissante de ces outils, capables de produire en quelques secondes des morceaux complets.
Une figure marquante, entre lucidité et transmission
Sans jamais chercher à théoriser son parcours, Éric Mula apparaît dans cet échange comme une figure profondément ancrée dans la réalité du métier. Direct, sans détour, il revendique une carrière guidée par l’instinct et l’expérience.
Il évoque aujourd’hui un projet de retraite au Brésil, tout en affirmant avec simplicité avoir « fait ce qu’il avait à faire ».
Ce témoignage, dense et sans concession, constitue un document précieux pour comprendre les mutations actuelles du métier de trompettiste et les exigences qu’il continue d’imposer.
📲 À voir
L’épisode complet du podcast To Brass avec Éric Mula est disponible en ligne (durée : 1h47).
Dans un nouvel épisode du podcast vidéo To Brass, animé par Rémi Lecomte et Valentin Plessix Moizan, le trompettiste Éric Mula livre un témoignage rare sur une carrière hors norme, construite loin des parcours académiques traditionnels.
Un parcours atypique, forgé sur le terrain
Né à Saint-Raphaël, Éric Mula découvre la trompette à l’âge de 8 ans en entendant une harmonie locale dirigée alors par Henri Salvador. Très tôt, il choisit la voie professionnelle, quittant l’école à 15 ans pour intégrer un orchestre de bal.
Il revendique aujourd’hui cette formation empirique : le bal, selon lui, reste « la meilleure école », imposant polyvalence, endurance et adaptation à tous les styles. Une expérience intense, avec jusqu’à 200 dates par an, qui façonne durablement son approche du métier.
Installé à Paris dès 18 ans, il s’impose progressivement comme l’un des trompettistes les plus sollicités de la scène française, accompagnant des figures majeures comme Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc ou encore Michel Jonasz. Sa carrière l’amène également à collaborer avec des artistes internationaux tels que Deep Purple.
Le grand public le connaît souvent sans le savoir : il est notamment l’interprète du célèbre solo de trompette du titre La Carioca, devenu une référence.
Une exigence quotidienne
Au fil de l’entretien, Éric Mula décrit une discipline de travail particulièrement rigoureuse. Il compare volontiers le trompettiste à un sportif de haut niveau : travail quotidien, endurance et constance sont indispensables.
Chaque matin, il consacre entre 1h30 et 2h à son instrument, dès 7h, sans interruption même en vacances. Pour lui, une pause prolongée se paie immédiatement au retour.
Cette exigence s’accompagne d’une vision claire du métier : la technique seule ne suffit pas. Le savoir-être, ponctualité, fiabilité, capacité d’adaptation, conditionne la longévité d’une carrière. « Le plus dur, ce n’est pas d’arriver, c’est d’y rester », rappelle-t-il.
Une carrière au service de la musique
Loin des discours théoriques, Éric Mula défend une approche instinctive du jeu. Il met en garde contre une analyse excessive, qu’il considère comme un frein à la spontanéité musicale.
Son parcours illustre également une conception universelle de la musique : malgré une carrière internationale, il souligne avoir souvent joué sans maîtriser la langue des pays traversés. Pour lui, la musique reste un langage autonome, capable de dépasser les barrières culturelles.
Parmi les moments marquants évoqués, il cite notamment une prestation lors des Césars, où il interprète seul un thème en hommage à Fellini, dans un contexte personnel difficile. Une expérience qu’il décrit comme son unique véritable trac.
Regards sur le métier aujourd’hui
L’un des aspects les plus marquants de cet entretien concerne son regard sur l’évolution du métier.
Éric Mula pointe d’abord une dégradation significative des conditions économiques pour les musiciens : baisse des cachets, précarisation des engagements et concurrence accrue. Il souligne également un manque de solidarité au sein de la profession, certains acceptant des conditions qui tirent l’ensemble du secteur vers le bas.
Autre sujet d’inquiétude : l’émergence de l’intelligence artificielle dans la production musicale. S’il parvient encore à distinguer les trompettes générées artificiellement, il reconnaît la rapidité et la qualité croissante de ces outils, capables de produire en quelques secondes des morceaux complets.
Une figure marquante, entre lucidité et transmission
Sans jamais chercher à théoriser son parcours, Éric Mula apparaît dans cet échange comme une figure profondément ancrée dans la réalité du métier. Direct, sans détour, il revendique une carrière guidée par l’instinct et l’expérience.
Il évoque aujourd’hui un projet de retraite au Brésil, tout en affirmant avec simplicité avoir « fait ce qu’il avait à faire ».
Ce témoignage, dense et sans concession, constitue un document précieux pour comprendre les mutations actuelles du métier de trompettiste et les exigences qu’il continue d’imposer.
📲 À voir
L’épisode complet du podcast To Brass avec Éric Mula est disponible en ligne (durée : 1h47).