Chet Baker à l’émission les grands macabres!

Nous relayons souvent à Trompette Actus des émissions à venir ou passées. aujourd’hui il s’agit de l’émission  » les grandes macabres « de Bertrand Dicale sur France-Musique.

« Le trompettiste de jazz était aussi héroïnomane. Chet Baker a trébuché à de maintes reprises, mais il n’y a qu’une seule fois où il ne s’est jamais relevé. C’était le 13 mai 1988 à Amsterdam, devant l’hôtel Prins Hendrik, il avait 58 ans. »

A l’occasion de l’anniversaire de sa mort le 13 mai Bertrand Dicale nous brosse un tout petit portrait notamment de sa fin de vie. Chet trop tôt disparu.

Nous allons faire une petite biographie de Chet Baker né le 23 décembre 1929 à Yale et mort le 13 mai 1988 à Amsterdam.

Un journal titrait: « Chet est le James Dean du jazz West Coast. Gueule d’amour mais âme damnée, il croit apaiser ses démons par une addiction totale à l’héroïne, qui va faire de sa vie un enfer où n’aura brillé qu’une seule lumière : la musique. Un film à l’affiche lui rend hommage. »

L e 12 mai 88, c’est un homme aux yeux hagards, aux yeux injectés de sang, creusés se trouve à l’hôtel à Amsterdam en Hollande. il devait jouer le soir même dans une petite ville à côté, il n’ira jamais.

Dans la nuit, son cadavre est découvert sous une fenêtre de l’hôtel. Personne ne saura jamais ce qui s’est passé, à la quantité de produits toxiques trouvés dans la chambre d’hôtel, la police locale conclue à un accident. Chet Baker sera inhumé dans la banlieue de Los Angeles.

Trente quatre ans plus tôt, Chet débutait une carrière absolument prodigieuse. Souvent comparé à James Dean tant Chet était beau. il faisait la couverture de nombreux magazines.

En autodidacte

Chesney Henry Baker Jr., dit Chet, naît le 23 décembre 1929, à Yale, Oklahoma, dans une famille pauvre.

Son père est un homme violent et alcoolique, c’est un musicien de country raté. Sa mère fera tout pour le protéger, elle reportera son besoin d’amour sur son enfant unique.

A l’âge de 13 ans, son père lui offre une trompette, Chet va s’y exercer tout seul. Il se montrera très doué. Une anecdote est souvent racontée, Chet s’est cassé une incisive, pour lui la trompette c’est fini, il va malgré tout développer un médium et un grave extraordinaires car pour lui le registre aigu n’était pour l’instant plus accessible.

Chet Baker — WikiNabia

Il avait une oreille extraordinaire il refusera toute sa vie d’apprendre à lire la musique sérieusement. Il déchiffre laborieusement une partition mais il ne comprend pas les grilles harmoniques.

Il était capable de mémoriser n’importe quelle partition qu’il entendait. Très souvent il écoutait ses voisins de pupitre et était capable le tour suivant de jouer la partition dans son entier. À la question « quand travaillez-vous votre instrument »? Il répondait « quand je suis sur scène »!

Toujours rebelle pour rien

Lorsqu’il a 19 ans, les choses deviennent plus sérieuses. À cette époque il a été caserné à Berlin comme engagé volontaire. C’est là qu’il va découvrir le be-bop grâce au disque de Charlie Parker et Dizzy Gillespie.

Chet montrera toujours un esprit de compétition, prenant toujours des risques. Peu importe le domaine, conduite, loisirs, drogue, musique il fera tout à fond. Beaucoup de biographes le comparent à James Dean dans un de ces films « La fureur de vivre ».

Charlie Parker le choisira pour lui donner la réplique lors d’une tournée. Bird, l’autre nom de Charlie Parker, conclura que Chet est un trompettiste à fort potentiel malgré ses lacunes techniques. Il préviendra Miles Davis et Dizzy Gillespie qu’il risque de leur faire de l’ombre.

Triomphes et déceptions

« Dès lors, tout va très vite. Gerry Mulligan, tout juste arrivé à L.A., le recrute pour monter un quartet sans piano qui fait sensation. Sapés comme des princes, Chet et Gerry jouent une musique limpide. »Jazz magazine

Les journaux s’enthousiasment et bientôt tout ce que compte Hollywood de personnes importantes viendra écouter l’orchestre.

Chet sera même signé sous son propre nom, il se verra attribuer le titre de meilleur trompettiste de l’année 1953 devant Armstrong, Dizzy, Miles Davis!

On lui fera enregistrer huit albums en un un peu moins de deux ans. Toute une collection de ballades dont le célèbre My Funny Valentine. une voix un style qui plairont à beaucoup de jeunes.

S’ensuit une tournée triomphale qui s’achève en mai 1954 à New York, où les choses vont se gâter. « Chet Baker est programmé pour un mois en vedette au Birdland avec Dizzy Gillespie ou Miles Davis. Les Californiens n’en mènent pas largeje. Ils ont raison. Leur musique feutrée et les romances de Chet ne font pas le poids face à la puissance des groupes de ces deux étoiles. La presse est impitoyable, qui déclare que le jazz West Coast appartient désormais au passé. »

Chet, les dealers et la drogue!

En 1955 il ira à Paris pour une tournée afin de retrouver une belle parisienne qu’il avait rencontrée. Deux des trois musiciens recrutés avec lui pour cette tournée sont deux junkies notoires. malgré tout Amsterdam, Londres, Paris, Rome, Milan, partout des salles pleines. Le trompettiste est ovationné, le chanteur hué.

Chet et Dalida en 1962

En plein enregistrement d’un disque pour Barclay, un des musiciens décède d’une overdose. Chet s’enfuira de Paris afin de ne pas avoir d’ennuis avec la police. Dès lors sa vie ne sera qu’une errance entre gloire et prison en Europe, et les États-Unis ou l’on commence à l’oublier. La presse ne relate que ses démêlés avec la justice et les stupéfiants

En 1966, devant beaucoup d’argent à des dealers il se fait casser les dents. Alors que tout semble fini il reviendra peu à peu, il arrivera à apprendre à jouer avec son dentier malgré les a souffrances.

Il reprendra son errance entre concert, héroïne, cocaïne, concert, enregistrement. Toutes les femmes qui auront vécu à ses côtés qui l’auront aimé finiront toutes par le quitter. Il ne subviendra même plus au besoin de sa famille. Tout l’argent qu’il gagnera sera englouti dans la cocaïne. un journaliste écrira : « Etrangement, c’est au coeur de sa nuit la plus noire que Chet enregistre quelques-uns de ses plus beaux disques, merveilles de jazz de chambre. Ainsi, la  sublime trilogie (The Touch of Your LipsDaybreak et This Is Always) enregistrée en 1979 à Copenhague en compagnie du guitariste Doug Raney et du contrebassiste Niels-Henning Ørsted Pedersen, ou Diane, bouleversant dialogue avec le pianiste Paul Bley, en 1985. « 

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