Les secrets de nos classiques : La strada

Aujourd’hui nous allons parler du chef-d’œuvre de Federico Fellini, la Strada.

Dans ce film la trompette n’est pas présente que dans la musique elle est aussi l’instrument du personnage principal Gelsomina.

Federico Fellini est né le 20 janvier 1920 à Rimini en Italie. Durant son enfance, il sera marqué par le pouvoir, l’église et le fascisme ce qui se ressentira dans sa filmographie. Attiré par la presse et le dessin, il s’installe à Rome en 1939 et se fait embaucher par Marc’aurelio un journal satirique où il fera la rencontre de Giulietta Masina qui demeurera sa femme jusqu’à sa mort en 1993.

Photo DR, Musei Civici agli Eremitani,

Sorti en 1954, La Strada est le premier succès international de Fellini. Le film remportera le lion d’argent à la mostra de Venise en 1954, mais aussi l’oscar du meilleur film en langue étrangère en 1957, notamment grâce à une histoire néoréaliste et à sa musique.

  • L’histoire

Il était une fois en Italie, une jeune femme pauvre et naïve répondant au nom de Gelsomina (Giuletta Masina). Celle-ci vivait au bord de la mer, loin, très loin des brillantes métropoles transalpines et du miracle économique dont jouissait alors la péninsule. Elle était la plus âgée des trop nombreux enfants d’une famille si misérable que sa mère la vendit un jour à Zampanò (Anthony Quinn). En échange de 10 000 lires, celui qui exerçait le métier de forain l’emmena avec lui, en faisant à la fois son épouse et son assistante. Désormais liée au sort du fruste et brutal Zampanò, l’innocente Gelsomina prit la route. Ce voyage en Italie lui offrira des moments d’émerveillement, notamment ceux prodigués par Le Fou (Richard Basehart), un acrobate virtuose officiant dans un cirque tenu par un certain Giraffa (Aldo Silvani). Mais pareils instants seront bien rares. Et le violent Zampanò fera en réalité du périple de Gelsomina un véritable chemin de croix…

  • La Musique

Coté musique Fellini fait appel pour la troisième fois à son compatriote Nino Rota après le Cheik blanc et I Vitelloni.

Nino Rota est né le 3 décembre 1911 à Milan dans une famille de musicien. Dès son enfance, il ira au conservatoire de milan. Attiré très jeune par la direction et la composition, il acquiert vite de l’expérience puisque son premier oratorio l’infenza di san giovani battista a été représenté à Milan et à Paris en 1923. Il n’avait seulement 12 ans. En 1929 il intègre le conservatoire Sainte Cécile de Rome où il étudie avec Alfredo Casella. Puis il part entre 1930 et 1932 à Philadelphie avec Fritz Reiner et Rosario Scalero. Il revient ensuite a Milan et travaille avec les plus grands réalisateurs, mais c’est avec Federico Fellini qu’une vraie rencontre se fait, à tel point qu’à la mort de Fellini, Giulietta demanda à Mauro Maur grand trompettiste italien passé par le CNSMDP de jouer la musique du film la Strada à l’enterrement.

  • le morceau

Le morceau principal de la partition s’ouvre par une trompette solo à la mélodie triste qu’un orchestre délicat vient soutenir. Puis, il change de registre pour s’égayer à mi-parcours. Un deuxième thème apparaît, plus sautillant. Cette construction est à l’image du personnage de Gelsomina qui traverse le film du rire aux larmes. Grace a Mauro Maur contacté par l’un de nos lecteurs, nous pouvons vous donner le nom de l’interprète original de ce solo, il s’agit de Nini Rosso célèbre trompettiste italien. Voici ce que Mauro nous a transmis a son sujet « un merveilleux musicien que j’ai eu la chance de connaître. Il vivait à Rome et il a vendu près de 22 millions des disques, beaucoup au Japon mais aussi dans le monde. Il était très humble et simple et dans ses meilleures années, il avait un son et une expression de grande beauté.« 

Il existe une partition accessible dès la première année dans le livre le petit trompettorama arrangée par Gérard Boulanger.

Et pour terminer je vous propose d’écouter ce morceau interprété par Maurice André

Trompette Actus

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