Le 20 août dernier, une nouvelle vidéo est venue enrichir la mémoire musicale des trompettistes : Immanuel Richter (trompette) et Patricia Ulrich (piano) ont publié sur YouTube leur interprétation du Concertpiece n°2 de Vassily Brandt (1869-1923). Enregistrée le 13 avril 2024 dans le somptueux Festsaal du Kloster Einsiedeln, cette performance est bien plus qu’un simple récital : elle s’inscrit dans une réflexion profonde sur l’histoire et l’identité de la trompette en Europe.
Brandt, un Allemand fondateur de l’école russe
Né à Coburg en 1869, Karl Wilhelm (Vassily) Brandt fit carrière en Russie, où il devint soliste et pédagogue à Saint-Pétersbourg et Moscou. Avec Wilhelm Wurm et Oskar Böhme, il compte parmi les « pères fondateurs » de la tradition russe de la trompette. Son élève le plus marquant, Mikhail Tabakov, transmit à son tour cet héritage à Timofei Dokshitser, figure devenue indissociable de la virtuosité et du style russes.
Cette filiation illustre un paradoxe intéressant : si l'école française de la trompette s’est principalement construite autour de professeurs issus du Conservatoire de Paris (de Dauverné à Clément Saunier aujourd’hui), la tradition russe trouve ses racines en Allemagne avant de s’installer durablement en Russie.
Deux Concertpieces, deux instruments
Immanuel Richter a choisi d’aborder les deux Concertpieces de Brandt avec une approche instrumentale différenciée :
Le Concertpiece n°1 en fa mineur, enregistré sur trompette allemande à pistons rotatifs (Drehventil), en hommage aux origines germaniques de Brandt.
Le Concertpiece n°2, objet de la vidéo publiée le 20 août, joué cette fois sur trompette à pistons, en clin d’œil à la tradition interprétative russe incarnée par Dokshitser.
Ce parti pris met en lumière le rôle de l’instrument dans la couleur sonore et la transmission stylistique. Là où la trompette allemande apporte densité et noblesse, la trompette à pistons souligne la brillance et l’élan virtuose que l’on associe souvent à l’école russe.
Une interprétation vivante et éclairée
Dans cette lecture, Immanuel Richter conjugue précision technique et souffle narratif, porté par l’accompagnement élégant de Patricia Ulrich. Le Concertpiece n°2, œuvre exigeante et éclatante, retrouve ici une dimension à la fois académique et poétique, reliant la tradition de Brandt à une vision contemporaine.
Loin d’être un simple exercice, cette interprétation illustre la pertinence de revisiter le répertoire pédagogique de Brandt, encore souvent abordé dans les concours ou classes de conservatoires, mais rarement replacé dans son contexte historique et stylistique.
Le 20 août dernier, une nouvelle vidéo est venue enrichir la mémoire musicale des trompettistes : Immanuel Richter (trompette) et Patricia Ulrich (piano) ont publié sur YouTube leur interprétation du Concertpiece n°2 de Vassily Brandt (1869-1923). Enregistrée le 13 avril 2024 dans le somptueux Festsaal du Kloster Einsiedeln, cette performance est bien plus qu’un simple récital : elle s’inscrit dans une réflexion profonde sur l’histoire et l’identité de la trompette en Europe.
Brandt, un Allemand fondateur de l’école russe
Né à Coburg en 1869, Karl Wilhelm (Vassily) Brandt fit carrière en Russie, où il devint soliste et pédagogue à Saint-Pétersbourg et Moscou. Avec Wilhelm Wurm et Oskar Böhme, il compte parmi les « pères fondateurs » de la tradition russe de la trompette. Son élève le plus marquant, Mikhail Tabakov, transmit à son tour cet héritage à Timofei Dokshitser, figure devenue indissociable de la virtuosité et du style russes.
Cette filiation illustre un paradoxe intéressant : si l'école française de la trompette s’est principalement construite autour de professeurs issus du Conservatoire de Paris (de Dauverné à Clément Saunier aujourd’hui), la tradition russe trouve ses racines en Allemagne avant de s’installer durablement en Russie.
Deux Concertpieces, deux instruments
Immanuel Richter a choisi d’aborder les deux Concertpieces de Brandt avec une approche instrumentale différenciée :
Le Concertpiece n°1 en fa mineur, enregistré sur trompette allemande à pistons rotatifs (Drehventil), en hommage aux origines germaniques de Brandt.
Le Concertpiece n°2, objet de la vidéo publiée le 20 août, joué cette fois sur trompette à pistons, en clin d’œil à la tradition interprétative russe incarnée par Dokshitser.
Ce parti pris met en lumière le rôle de l’instrument dans la couleur sonore et la transmission stylistique. Là où la trompette allemande apporte densité et noblesse, la trompette à pistons souligne la brillance et l’élan virtuose que l’on associe souvent à l’école russe.
Une interprétation vivante et éclairée
Dans cette lecture, Immanuel Richter conjugue précision technique et souffle narratif, porté par l’accompagnement élégant de Patricia Ulrich. Le Concertpiece n°2, œuvre exigeante et éclatante, retrouve ici une dimension à la fois académique et poétique, reliant la tradition de Brandt à une vision contemporaine.
Loin d’être un simple exercice, cette interprétation illustre la pertinence de revisiter le répertoire pédagogique de Brandt, encore souvent abordé dans les concours ou classes de conservatoires, mais rarement replacé dans son contexte historique et stylistique.
Un jalon pour les trompettistes d’aujourd’hui
Cette vidéo constitue ainsi une double invitation :
pour le public, à redécouvrir un compositeur essentiel de la trompette moderne,
pour les interprètes et enseignants, à réfléchir à la manière dont instrument, tradition et style s’articulent dans l’acte musical.