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Redécouvrir Pierre Pollin à travers les disques du Quintette de Cuivres de l’Orchestre National de France

La disparition de Pierre Pollin invite naturellement à revisiter les traces discographiques laissées par ce musicien d’exception. Parmi elles, les deux 33 tours du Quintette de Cuivres de l’Orchestre National de France occupent une place toute particulière.

Ces enregistrements, publiés par les labels Classique et Corelia, témoignent non seulement du jeu lumineux de Pollin, mais aussi de l’excellence des solistes réunis autour de lui.

Une formation issue du pupitre des cuivres de l’Orchestre National

Sur ces disques, le Quintette de cuivres apparaît dans sa formation devenue emblématique :

  • Pierre Pollin, trompette
  • Jacques Lecointre, trompette
  • André Fournier, cor
  • Jean Douay, trombone
  • André Goudenhooft, trombone basse

Tous cinq sont alors titulaires des postes de solistes de l’Orchestre National de France, comme l’indiquent les textes de présentation.

Le quintette, fondé par Jean Douay en 1968, est décrit dans les notes de pochette comme un ensemble « homogène » et « remarquablement instrumenté », fruit de l’expérience orchestrale approfondie de ses membres.

Premier disque : Scheidt, Delerue, Lully, Philidor, Desportes

Le premier 33 tours propose un répertoire large, allant de la musique ancienne au XXe siècle. On y trouve notamment :

  • La Battle Suite de Samuel Scheidt, dans les arrangements de Philip Jones, avec les célèbres Galliard Battaglia, Courant Dolorosa et Canzon Bargamasque.
  • Vitrail de Georges Delerue, en quatre mouvements (Maestoso, Poco Allegro, Andante, Vivace), une œuvre contemporaine éditée chez Philip Jones et Gerth-Büllmann.
  • Des pièces de Jean-Baptiste Lully et Philidor l’Aîné, arrangées par Désiré Dondeyne, issues des Anciennes Marches françaises.
  • Imageries d’Antan d’Yvonne Desportes, comprenant L’Appel des Chevaliers, Mahaut et son Chevalier et Danceries.

Le verso du disque rappelle également le rôle de l’ensemble au 1er Congrès International des Cuivres à Montreux et sa participation à divers concerts éducatifs.

Second disque : Lully, Chostakovitch, Josquin des Prés

Le second album, également publié par Corelia, poursuit la même ligne artistique, mêlant transcription et répertoire d’origine :

  • Une Ouverture de Cadmus et Hermione et une Allemande à 5 de Lully, issues des danses de la Cour de Versailles.
  • Deux pièces de Dimitri Chostakovitch : un Prélude puis un Prélude et Fugue, transposant pour cuivres une écriture dense et structurée.
  • Une évocation de l’esthétique Renaissance avec une Motet et Fanfare royale attribuée à Josquin des Prés et une pièce de János Komives, Epilogues, écrite initialement pour un court métrage consacré au sculpteur Andreas Beck.

Selon la notice, ces répertoires variés mettent en valeur « l’aspect orchestral » du quintette et son sens de la couleur.

Un son d’ensemble sculpté par l’expérience

Ce que révèlent ces deux disques, au-delà de la variété des œuvres, c’est la cohésion d’un ensemble constitué de musiciens habitués à jouer ensemble au sein du même orchestre.

Les notes de pochette insistent sur la complémentarité des timbres, la précision du jeu collectif et la capacité de l’ensemble à alterner des pages très orchestrales avec un travail de musique de chambre plus intimiste.

Dans ce cadre, la présence de Pierre Pollin, reconnu pour son style clair et maîtrisé, apparaît comme l’un des piliers du son du quintette.

Un témoignage vivant de l’école française des cuivres

Ces deux 33 tours constituent aujourd’hui des documents précieux.

Ils permettent d’entendre un pan majeur du travail des solistes de l’Orchestre National dans la seconde moitié du XXe siècle et illustrent parfaitement ce que la pochette décrit comme une volonté « d’interpréter des œuvres anciennes comme contemporaines sans jamais trahir leur esprit ».

Pour ceux qui souhaitent redécouvrir Pierre Pollin autrement que par ses enregistrements symphoniques, ces disques du Quintette de cuivres demeurent une porte d’entrée idéale : un travail fin, collectif, techniquement irréprochable, fidèle à l’esthétique française et porté par un ensemble qui a marqué son époque.


Merci à Jean-Noël Garde pour nous avoir ouvert sa discographie à l’occasion du décès de Pierre Pollin.

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Trompette Actus

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