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“Qui joue ?” – Édition spéciale Haydn - Question 4

Le jeu « qui joue ? » spécial Concerto d’Haydn continue avec la quatrième question!

Question #4 – Place à l'international !

Pour cette nouvelle question, nous avons choisi un extrait qui nous emmène à l'international. Essayez de percer à jour le trompettiste qui se cache derrière ces deux extraits !


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En attendant, vous pouvez également vous amuser dans la nouvelle section du site : https:/trompetteactus.fr/quizz/

Bon amusement !


Rattrapez votre retard :

Question 1 :


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Question 2 :


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Question 3 :


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Rappel historique :

Le Concerto pour Trompette en Mib de Haydn : Une Révolution Sonore

Contexte Historique et Création

Composé en 1796, le Concerto pour Trompette en Mib Majeur (Hob. VIIe/1) représente une œuvre de maturité de Joseph Haydn, marquant l'une de ses dernières contributions majeures au genre du concerto instrumental. Cette pièce fut spécifiquement commandée pour et dédiée à Anton Weidinger, le trompettiste de la Cour Impériale de Vienne, qui en assura la première exécution publique le 28 mars 1800 au Burgtheater de Vienne. Il est à noter que Haydn, alors âgé de près de 65 ans, était au sommet de son art, démontrant une vitalité créative remarquable à un âge avancé, ce qui était particulièrement significatif pour l'époque.  

Le délai de quatre ans entre la composition de l'œuvre et sa première exécution publique (1796-1800) n'était pas anodin. Cette période prolongée est directement liée à la nature révolutionnaire de l'œuvre et de l'instrument pour lequel elle fut écrite. Les informations disponibles indiquent que la complexité et la maturité de l'écriture de Haydn exigèrent de Weidinger un temps considérable pour maîtriser pleinement les nouvelles capacités de sa trompette à clés et l'intégrer à une écriture harmonique aussi sophistiquée. Ce temps d'incubation met en évidence non seulement l'aspect expérimental et novateur de l'œuvre pour son époque, mais aussi la profondeur de la collaboration et le défi technique que Haydn et Weidinger relevaient ensemble. La demande compositionnelle de Haydn a poussé les limites du nouvel instrument de Weidinger, nécessitant une période prolongée de pratique et de perfectionnement.

L'Instrument Révolutionnaire : La Trompette à Clés

Le Concerto de Haydn est un monument à l'innovation instrumentale de la fin du XVIIIe siècle. Il a été écrit pour la trompette à clés d'Anton Weidinger, un instrument qui, pour la première fois dans l'histoire de la trompette, permettait de jouer une gamme chromatique complète sur tous les registres. Avant l'invention de Weidinger, les trompettes naturelles étaient sévèrement limitées aux notes de la série harmonique. Elles étaient principalement utilisées pour des fanfares ou des mélodies dans le registre aigu (le "clarino"), où les intervalles de la série harmonique sont plus rapprochés, mais où la flexibilité mélodique restait contrainte. La trompette à clés, avec ses cinq clés fonctionnant de manière similaire aux instruments à vent en bois, a ouvert des possibilités mélodiques et harmoniques inédites pour l'instrument, lui permettant de jouer des lignes mélodiques fluides dans les registres médium et grave, une capacité auparavant impensable.

Image d'une trompette à clés, un instrument de cuivre historique avec plusieurs clés sur le tube, posé sur un fond vert.

Haydn, avec l'enthousiasme d'un "enfant joyeux avec un nouveau jouet" , a pleinement exploité ces nouvelles capacités. Il a délibérément intégré des passages chromatiques, des lignes mélodiques dans les registres médium et grave, et des sauts audacieux, des éléments impossibles sur une trompette naturelle. Il a même "taquiné" l'auditoire en commençant par des notes jouables sur la trompette naturelle avant de révéler les capacités chromatiques révolutionnaires de l'instrument dès la première entrée du soliste.  

Cependant, la trompette à clés, bien que révolutionnaire pour son époque et ayant inspiré un chef-d'œuvre, n'a pas perduré comme instrument orchestral standard. Les sources révèlent qu'elle souffrait de défauts significatifs, notamment une "mauvaise qualité sonore" et des "fuites d'air" dues à la mécanique des clés. Cette imperfection inhérente de l'instrument a fait qu'elle "n'a jamais vraiment pris" et fut rapidement supplantée par la trompette à pistons, inventée quelques années après la mort de Haydn (vers 1830-1840). Ce paradoxe – un chef-d'œuvre écrit pour un instrument fondamentalement imparfait et éphémère – explique pourquoi le concerto fut "négligé pendant plus d'un siècle". Il n'a retrouvé sa place de pilier du répertoire que grâce aux instruments modernes qui pouvaient le jouer avec une meilleure intonation et un timbre plus uniforme, surmontant ainsi les limitations techniques de l'original. Cette trajectoire historique souligne l'impact profond de la technologie instrumentale sur la longévité du répertoire et la faisabilité des performances.  

Structure et Caractéristiques Musicales

Le Concerto pour Trompette de Haydn suit la forme traditionnelle du concerto classique en trois mouvements : rapide-lent-rapide, chacun offrant un mélange de virtuosité technique et de lyrisme expressif.  

I. Allegro

Ce mouvement d'ouverture est grand et festif, posant les bases de l'exploration virtuose et mélodique du concerto. Il est construit sur une forme sonate modifiée, avec une double exposition où l'orchestre et le soliste introduisent indépendamment le matériel thématique. Haydn y déploie un sens du jeu et de l'humour, caractéristique de son style, rappelant des œuvres comme la Symphonie "Surprise". Le mouvement se conclut par une coda brillante, où la trompette brille dans une démonstration virtuose d'agilité et de brio, souvent précédée d'une cadenza du soliste composée de thèmes fragmentés du mouvement.  

II. Andante Cantabile

Ce mouvement lent révèle une facette plus douce et lyrique de la trompette, démontrant sa capacité à "chanter". Après une introduction orchestrale de huit mesures, la trompette présente le même thème, qui se développe ensuite dans une structure ternaire étendue (ABA), avec un dialogue constant entre le soliste et l'orchestre. Le mouvement se termine tranquillement, la trompette s'estompant délicatement dans la texture orchestrale. Il est particulièrement notable que Haydn y intègre des modulations audacieuses, comme vers le Do bémol majeur, afin de mettre en évidence la nouvelle flexibilité chromatique de l'instrument.  

Partition du deuxième mouvement du Concerto pour Trompette et Orchestre de Joseph Haydn, avec des indications de tempo et de dynamique.

III. Allegro (Finale)

Le dernier mouvement est vif et entraînant, offrant une conclusion entraînante au concerto. Il est structuré comme un rondo (ABACA), une forme courante pour les finales dans les concertos classiques. Le thème récurrent est jubilant et dansant, entrecoupé d'épisodes contrastés qui incluent des passages lyriques et des démonstrations de virtuosité. Ce mouvement exige des passages rapides (doubles croches, arpèges), une articulation nette, des rythmes syncopés et des notes aiguës exigeantes, tout en maintenant une interaction précise avec l'orchestre. Il se termine par une coda éblouissante, caractérisée par des "appels de trompette éclatants" et un panache triomphal.  

L'analyse de la structure et des caractéristiques musicales du concerto révèle que Haydn a délibérément conçu chaque mouvement pour servir de vitrine aux capacités spécifiques de la nouvelle trompette à clés, allant au-delà de la simple composition musicale. Le premier mouvement met en évidence sa nouvelle agilité chromatique et ses sauts audacieux ; le deuxième démontre sa capacité inédite à soutenir des lignes mélodiques lyriques, transformant la trompette d'un instrument de fanfare à une voix chantante ; et le troisième expose sa virtuosité accrue à travers des passages rapides et des fanfares complexes. Cette approche compositionnelle n'est pas seulement esthétique mais didactique, fonctionnant comme une sorte de "manuel" pour le nouvel instrument, illustrant ses possibilités révolutionnaires à travers la musique elle-même.  

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Trompette Actus

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