Le 14 juillet 2025, alors que les cuivres de la Fête nationale résonnaient dans tout le pays, un autre souffle s’est levé, plus discret mais non moins symbolique : celui de la trompette “Lucien”, dévoilée par la maison A.JAMINET. Ce lancement, ancré dans un jour de mémoire collective, n’est pas anodin. Il marque le dévoilement d’un instrument pensé comme un objet de transmission, un manifeste façonné en laiton pour célébrer l’excellence artisanale, les racines populaires et la richesse historique de Brétigny-sur-Orge.
Bien plus qu’un outil musical, la trompette “Lucien” incarne une vision : celle d’un artisan, Adrien Jaminet, qui voit dans son art un vecteur de mémoire vivante. Ce cuivre à la française est une ode aux bâtisseurs du territoire, un hommage vibrant à deux figures locales, Lucien Clause et Lucien Bouget, et une tentative réussie de faire résonner l’héritage d’un lieu au creux du pavillon d’un instrument.
Chapitre 1 — Adrien Jaminet : L’Artisan du Souffle
Autodidacte devenu luthier de référence, Adrien Jaminet incarne cette génération d’artisans-entrepreneurs pour qui créer un instrument est un acte culturel. C’est dans le sous-sol de la maison familiale à Brétigny qu’il fonde sa première entreprise, avant d’ouvrir en 2015 L’Atelier des Cuivres, aujourd’hui reconnu jusqu’aux scènes de l’Opéra national de Paris, de la Garde Républicaine ou de l’Ensemble intercontemporain.
La crise sanitaire de 2020 agit comme un catalyseur : face à la quasi-disparition de la fabrication artisanale en France, Jaminet lance un projet ambitieux — redonner vie à une trompette 100 % française, inspirée de l’âge d’or des années 1950. Sa quête : conjuguer le savoir-faire oublié des Courtois, Selmer ou Thibouville-Lamy avec les besoins des musiciens d’aujourd’hui.
Le premier Lucien, Clause, fondateur des établissements de semences du même nom, incarne le Brétigny industriel. Dès 1899, il implante ses champs d’essais sur les terres de la commune, y développant des semences “d’élite” qui feront la renommée de la ville pendant près d’un siècle. Son héritage est partout : rues, écoles, et jusqu’au projet d’écoquartier Clause-Bois Badeau, qui pousse aujourd’hui sur ses anciennes terres.
Lucien Bouget, bâtisseur d’harmonies
L’autre Lucien, Bouget, incarne la Brétigny musicale. Entrepreneur dans le bâtiment et musicien autodidacte, il fonde dans les années 30 l’école de musique et dirige la fanfare “L’Avenir”. C’est là que le jeune Jaminet fait ses premiers pas musicaux — une boucle intime se referme.
1934 : un acte fondateur
En 1934, la fanfare de Bouget refuse de jouer “L’Internationale” lors d’une manifestation. Sanctionnée, elle est sauvée in extremis par Clause, qui rachète ses instruments. Ce geste scelle une alliance rare entre culture et industrie. La trompette “Lucien” s’inspire de ce moment : elle symbolise cette mémoire commune, faite de résistance, de fraternité, et de musique.
Chapitre 3 — L’anatomie sensible de la “Lucien”
La “Lucien” n’est pas qu’un hommage ; c’est un instrument conçu pour durer et émouvoir. Pensée comme un modèle polyvalent, elle cherche à allier facilité de jeu, souplesse sonore et élégance artisanale.
Deux innovations techniques la caractérisent :
Une branche d’embouchure inversée, offrant une meilleure fluidité du souffle.
Un entre-deux au design unique, assurant équilibre et singularité esthétique.
Chaque trompette porte gravé le nom de “Brettini”, ancien toponyme de Brétigny, comme pour enraciner l’instrument dans sa terre natale
Comparée à la première trompette A.JAMINET, l’“Alfred”, hommage sonore aux modèles des années 50, la “Lucien” s’inscrit dans une démarche plus narrative. L’“Alfred” vise la restitution fidèle d’un timbre disparu. La “Lucien”, elle, raconte une histoire locale, et ouvre un champ de jeu plus large, du classique au jazz, de la variété à la fanfare.
Chapitre 4 — Le son à la française : une tradition retrouvée
La trompette “Lucien” participe à une entreprise plus vaste : réhabiliter le timbre français, ce son clair, timbré, au phrasé précis et élégant, hérité de Maurice André, de l’école du Conservatoire, des modèles Selmer ou Courtois.
Ce timbre — longtemps marginalisé par les standards américains à perce large — revient au goût du jour grâce à des musiciens d’exception (David Guerrier, Romain Leleu, Clément Saunier) et des artisans comme Jaminet, qui ne cherchent pas à imiter mais à réinterpréter l’excellence sonore française dans le contexte d’aujourd’hui.
Chapitre 5 — Le Fabriqué en France comme écosystème
Chez A.JAMINET, le “Made in France” n’est pas un slogan : c’est une démarche éthique. Les pièces sont sourcées localement, souvent dans un rayon de moins de 800 km. L’atelier forme des stagiaires, collabore avec les plus grands artistes, partage ses savoirs via des podcasts ou des visites guidées.
Les distinctions pleuvent : Fondation Banque Populaire, Entreprise du Patrimoine Vivant, exposition au Palais de l’Élysée… Mais au-delà des labels, c’est une philosophie du métier qui se déploie : celle de l’exigence, de la transmission, et de l’innovation enracinée.
Conclusion — Le souffle de l’avenir
La “Lucien” est bien plus qu’un instrument. Elle est un pont entre mémoire et modernité, entre Brétigny-sur-Orge et la scène musicale mondiale, entre deux Lucien du passé et une génération d’artisans de demain.
Elle est la preuve que la trompette n’est pas un simple tuyau de laiton : c’est un témoin. Un témoin du souffle des musiciens, du souffle d’une ville, et du souffle d’un artisan qui a su écouter l’écho du passé pour mieux faire résonner l’avenir.
Le 14 juillet 2025, alors que les cuivres de la Fête nationale résonnaient dans tout le pays, un autre souffle s’est levé, plus discret mais non moins symbolique : celui de la trompette “Lucien”, dévoilée par la maison A.JAMINET. Ce lancement, ancré dans un jour de mémoire collective, n’est pas anodin. Il marque le dévoilement d’un instrument pensé comme un objet de transmission, un manifeste façonné en laiton pour célébrer l’excellence artisanale, les racines populaires et la richesse historique de Brétigny-sur-Orge.
Bien plus qu’un outil musical, la trompette “Lucien” incarne une vision : celle d’un artisan, Adrien Jaminet, qui voit dans son art un vecteur de mémoire vivante. Ce cuivre à la française est une ode aux bâtisseurs du territoire, un hommage vibrant à deux figures locales, Lucien Clause et Lucien Bouget, et une tentative réussie de faire résonner l’héritage d’un lieu au creux du pavillon d’un instrument.
Chapitre 1 — Adrien Jaminet : L’Artisan du Souffle
Autodidacte devenu luthier de référence, Adrien Jaminet incarne cette génération d’artisans-entrepreneurs pour qui créer un instrument est un acte culturel. C’est dans le sous-sol de la maison familiale à Brétigny qu’il fonde sa première entreprise, avant d’ouvrir en 2015 L’Atelier des Cuivres, aujourd’hui reconnu jusqu’aux scènes de l’Opéra national de Paris, de la Garde Républicaine ou de l’Ensemble intercontemporain.
La crise sanitaire de 2020 agit comme un catalyseur : face à la quasi-disparition de la fabrication artisanale en France, Jaminet lance un projet ambitieux — redonner vie à une trompette 100 % française, inspirée de l’âge d’or des années 1950. Sa quête : conjuguer le savoir-faire oublié des Courtois, Selmer ou Thibouville-Lamy avec les besoins des musiciens d’aujourd’hui.
Chapitre 2 — Deux Lucien pour une ville
Lucien Clause, pionnier du progrès
Le premier Lucien, Clause, fondateur des établissements de semences du même nom, incarne le Brétigny industriel. Dès 1899, il implante ses champs d’essais sur les terres de la commune, y développant des semences “d’élite” qui feront la renommée de la ville pendant près d’un siècle. Son héritage est partout : rues, écoles, et jusqu’au projet d’écoquartier Clause-Bois Badeau, qui pousse aujourd’hui sur ses anciennes terres.
Lucien Bouget, bâtisseur d’harmonies
L’autre Lucien, Bouget, incarne la Brétigny musicale. Entrepreneur dans le bâtiment et musicien autodidacte, il fonde dans les années 30 l’école de musique et dirige la fanfare “L’Avenir”. C’est là que le jeune Jaminet fait ses premiers pas musicaux — une boucle intime se referme.
1934 : un acte fondateur
En 1934, la fanfare de Bouget refuse de jouer “L’Internationale” lors d’une manifestation. Sanctionnée, elle est sauvée in extremis par Clause, qui rachète ses instruments. Ce geste scelle une alliance rare entre culture et industrie. La trompette “Lucien” s’inspire de ce moment : elle symbolise cette mémoire commune, faite de résistance, de fraternité, et de musique.
Chapitre 3 — L’anatomie sensible de la “Lucien”
La “Lucien” n’est pas qu’un hommage ; c’est un instrument conçu pour durer et émouvoir. Pensée comme un modèle polyvalent, elle cherche à allier facilité de jeu, souplesse sonore et élégance artisanale.
Deux innovations techniques la caractérisent :
Une branche d’embouchure inversée, offrant une meilleure fluidité du souffle.
Un entre-deux au design unique, assurant équilibre et singularité esthétique.
Chaque trompette porte gravé le nom de “Brettini”, ancien toponyme de Brétigny, comme pour enraciner l’instrument dans sa terre natale
Comparée à la première trompette A.JAMINET, l’“Alfred”, hommage sonore aux modèles des années 50, la “Lucien” s’inscrit dans une démarche plus narrative. L’“Alfred” vise la restitution fidèle d’un timbre disparu. La “Lucien”, elle, raconte une histoire locale, et ouvre un champ de jeu plus large, du classique au jazz, de la variété à la fanfare.
Chapitre 4 — Le son à la française : une tradition retrouvée
La trompette “Lucien” participe à une entreprise plus vaste : réhabiliter le timbre français, ce son clair, timbré, au phrasé précis et élégant, hérité de Maurice André, de l’école du Conservatoire, des modèles Selmer ou Courtois.
Ce timbre — longtemps marginalisé par les standards américains à perce large — revient au goût du jour grâce à des musiciens d’exception (David Guerrier, Romain Leleu, Clément Saunier) et des artisans comme Jaminet, qui ne cherchent pas à imiter mais à réinterpréter l’excellence sonore française dans le contexte d’aujourd’hui.
Chapitre 5 — Le Fabriqué en France comme écosystème
Chez A.JAMINET, le “Made in France” n’est pas un slogan : c’est une démarche éthique. Les pièces sont sourcées localement, souvent dans un rayon de moins de 800 km. L’atelier forme des stagiaires, collabore avec les plus grands artistes, partage ses savoirs via des podcasts ou des visites guidées.
Les distinctions pleuvent : Fondation Banque Populaire, Entreprise du Patrimoine Vivant, exposition au Palais de l’Élysée… Mais au-delà des labels, c’est une philosophie du métier qui se déploie : celle de l’exigence, de la transmission, et de l’innovation enracinée.
Conclusion — Le souffle de l’avenir
La “Lucien” est bien plus qu’un instrument. Elle est un pont entre mémoire et modernité, entre Brétigny-sur-Orge et la scène musicale mondiale, entre deux Lucien du passé et une génération d’artisans de demain.
Elle est la preuve que la trompette n’est pas un simple tuyau de laiton : c’est un témoin. Un témoin du souffle des musiciens, du souffle d’une ville, et du souffle d’un artisan qui a su écouter l’écho du passé pour mieux faire résonner l’avenir.