C’est avec une grande tristesse que nous annonçons le décès du trompettiste français Pierre Pollin, survenu le 23 novembre 2025, à l’âge de 100 ans, à la suite d’une hémorragie cérébrale. Ses obsèques sont fixées au lundi 1er décembre au crématorium du Père‑Lachaise (55 rue des Rondeaux, 75020 Paris),
Une vie dédiée à la trompette
Né le 28 avril 1925 à Troarn, dans le Calvados, Pierre Pollin a étudié la trompette sous la direction de son frère aîné Yves Pollin (rudiments), puis de François Bellis à Caen (1937-42) où il remporta le 1er prix en 1941 et de Eugène Foveau au CNSMP (1943-45), obtenant le 1er prix en 1945 avec « Fête Joyeuse » de Dallier.
Il poursuivit ensuite des conseils auprès de Raymond Sabarich (1952) en vue du concours d’entrée à la Garde Républicaine et de nouveau avec Foveau (1956) sur des œuvres de Gallois-Montbrun, Jolivet et Tomasi.
Début de carrière en orchestre
Après avoir achevé ses études, Pierre Pollin entame sa carrière professionnelle dès l’immédiat après-guerre. On le retrouve d’abord aux Saisons Classiques de Cannes, où il se produit chaque hiver entre 1946 et 1948, malgré une grave pleurésie qui l’éloigne de la scène pendant plusieurs mois entre 1946 et 1947. Il se fait ensuite remarquer au Théâtre Édouard VII, notamment dans Le Songe d’une nuit d’été de Georges Auric, avant de rejoindre l’Orchestre Radio-Française de Tunis, où il officie de 1948 à 1952.
En 1952, sa trajectoire le conduit dans le Nord, au Théâtre de Lille et au sein de l’Orchestre de Radio-Lille, où il s’impose rapidement grâce à une interprétation très remarquée du Concerto de Joseph Haydn. Durant ces mêmes années, il enseigne également au Conservatoire de Roubaix, confirmant déjà une double identité d’interprète et de pédagogue.
Son arrivée à Paris, en 1956, marque un tournant : il est alors engagé comme premier pupitre à l’Orchestre Radio-Lyrique de la RTF, prélude à son entrée, quatre ans plus tard, dans la formation qui fera sa légende : l’Orchestre National.
Lorsque Pierre Pollin rejoint l’Orchestre National de la RTF en 1960, il succède à Ludovic Vaillant et s’impose rapidement comme une figure centrale du pupitre, devenant l’un des solistes les plus respectés de l’ensemble. Sa carrière y est jalonnée de moments forts : il y crée notamment le Concerto pour trompette de Marc Vaubourgoin, interprète en 1968 le Divertissement n°2 de Tibor Harsányi et participe à de nombreuses tournées internationales, dont certaines au Japon.
Son rayonnement s’exprime également dans la musique de chambre, à travers le Quintette de cuivres de l’Orchestre National, formation dont il devient l’âme et avec laquelle il laisse plusieurs enregistrements appréciés. Ce travail d’ensemble est remarqué lors du 1er Congrès international des cuivres à Montreux en 1976.
Au National, il collabore avec des chefs majeurs tels que Paul Paray, Manuel Rosenthal, Maurice Le Roux, Sergiu Celibidache, Charles Mackerras ou encore Leonard Bernstein, qui appréciait particulièrement sa sonorité. Toutes ces rencontres, ces créations et ces collaborations ont façonné une carrière qui reste aujourd’hui une référence dans l’histoire de la trompette française.
Pierre Pollin a également transmis son art : il enseigna au Conservatoire National de Région de Paris et à l’École Nationale de Musique de Bourges.
Parmi ses élèves figure notamment Thierry Caens, qui le cite parmi ses professeurs, mais également Bruno Nouvion, Jean-Michel Riquebourg, Gérard Boulanger et bien d’autres.
Il était reconnu pour sa sonorité « lumineuse » et sa pureté de style, héritier estimé de la tradition de Eugène Foveau selon les témoignages.
Une place centrale dans l’histoire de la trompette française
Son parcours recouvre plusieurs étapes majeures du développement de la trompette en France : formation à Caen, Paris, entrée dans les orchestres nationaux, création, transmission.
Nous avions consacré un article lors de son centenaire le 28 avril 2025. Il laisse une empreinte durable dans l’interprétation des œuvres françaises (Ravel, Poulenc, Debussy…), comme en témoignent ses enregistrements encore disponibles.
Un rassemblement de trompettistes est prévu lors des funérailles du 1 décembre avec un ensemble de trompette qui jouera la « Pavane » de Byrd sous l’impulsion de Thierry Caens. Vous pouvez nous contacter par e-mail à trompetteactus@gmail.com si vous souhaitez y participer.
Nos pensées vont à sa famille, à ses proches, à ses anciens élèves, à tous ceux qui ont été marqués par sa musique et sa personnalité. Nous consacrerons un portrait hommage dans le magazine qui sortira au mois de Janvier. Vous pouvez nous transmettre votre message par mail à trompetteactus@gmail.com
Merci à Michel Laplace pour l’aide à la réalisation de cet article. Vous pouvez retrouver de nombreuses informations sur Pierre Pollin dans le dernier livre de Michel : Memories of You
« Adieu M. Pierre Pollin, avec amitié et respect. » Michel Laplace, 24 novembre 2025
C’est avec une grande tristesse que nous annonçons le décès du trompettiste français Pierre Pollin, survenu le 23 novembre 2025, à l’âge de 100 ans, à la suite d’une hémorragie cérébrale. Ses obsèques sont fixées au lundi 1er décembre au crématorium du Père‑Lachaise (55 rue des Rondeaux, 75020 Paris),
Une vie dédiée à la trompette
Né le 28 avril 1925 à Troarn, dans le Calvados, Pierre Pollin a étudié la trompette sous la direction de son frère aîné Yves Pollin (rudiments), puis de François Bellis à Caen (1937-42) où il remporta le 1er prix en 1941 et de Eugène Foveau au CNSMP (1943-45), obtenant le 1er prix en 1945 avec « Fête Joyeuse » de Dallier.
Il poursuivit ensuite des conseils auprès de Raymond Sabarich (1952) en vue du concours d’entrée à la Garde Républicaine et de nouveau avec Foveau (1956) sur des œuvres de Gallois-Montbrun, Jolivet et Tomasi.
Début de carrière en orchestre
Après avoir achevé ses études, Pierre Pollin entame sa carrière professionnelle dès l’immédiat après-guerre. On le retrouve d’abord aux Saisons Classiques de Cannes, où il se produit chaque hiver entre 1946 et 1948, malgré une grave pleurésie qui l’éloigne de la scène pendant plusieurs mois entre 1946 et 1947. Il se fait ensuite remarquer au Théâtre Édouard VII, notamment dans Le Songe d’une nuit d’été de Georges Auric, avant de rejoindre l’Orchestre Radio-Française de Tunis, où il officie de 1948 à 1952.
En 1952, sa trajectoire le conduit dans le Nord, au Théâtre de Lille et au sein de l’Orchestre de Radio-Lille, où il s’impose rapidement grâce à une interprétation très remarquée du Concerto de Joseph Haydn. Durant ces mêmes années, il enseigne également au Conservatoire de Roubaix, confirmant déjà une double identité d’interprète et de pédagogue.
Son arrivée à Paris, en 1956, marque un tournant : il est alors engagé comme premier pupitre à l’Orchestre Radio-Lyrique de la RTF, prélude à son entrée, quatre ans plus tard, dans la formation qui fera sa légende : l’Orchestre National.
Moments marquants d’une carrière d’exception
Lorsque Pierre Pollin rejoint l’Orchestre National de la RTF en 1960, il succède à Ludovic Vaillant et s’impose rapidement comme une figure centrale du pupitre, devenant l’un des solistes les plus respectés de l’ensemble. Sa carrière y est jalonnée de moments forts : il y crée notamment le Concerto pour trompette de Marc Vaubourgoin, interprète en 1968 le Divertissement n°2 de Tibor Harsányi et participe à de nombreuses tournées internationales, dont certaines au Japon.
Son rayonnement s’exprime également dans la musique de chambre, à travers le Quintette de cuivres de l’Orchestre National, formation dont il devient l’âme et avec laquelle il laisse plusieurs enregistrements appréciés. Ce travail d’ensemble est remarqué lors du 1er Congrès international des cuivres à Montreux en 1976.
Au National, il collabore avec des chefs majeurs tels que Paul Paray, Manuel Rosenthal, Maurice Le Roux, Sergiu Celibidache, Charles Mackerras ou encore Leonard Bernstein, qui appréciait particulièrement sa sonorité. Toutes ces rencontres, ces créations et ces collaborations ont façonné une carrière qui reste aujourd’hui une référence dans l’histoire de la trompette française.
Pédagogue et référence
Pierre Pollin a également transmis son art : il enseigna au Conservatoire National de Région de Paris et à l’École Nationale de Musique de Bourges.
Parmi ses élèves figure notamment Thierry Caens, qui le cite parmi ses professeurs, mais également Bruno Nouvion, Jean-Michel Riquebourg, Gérard Boulanger et bien d’autres.
Il était reconnu pour sa sonorité « lumineuse » et sa pureté de style, héritier estimé de la tradition de Eugène Foveau selon les témoignages.
Une place centrale dans l’histoire de la trompette française
Son parcours recouvre plusieurs étapes majeures du développement de la trompette en France : formation à Caen, Paris, entrée dans les orchestres nationaux, création, transmission.
Nous avions consacré un article lors de son centenaire le 28 avril 2025. Il laisse une empreinte durable dans l’interprétation des œuvres françaises (Ravel, Poulenc, Debussy…), comme en témoignent ses enregistrements encore disponibles.
Un rassemblement de trompettistes est prévu lors des funérailles du 1 décembre avec un ensemble de trompette qui jouera la « Pavane » de Byrd sous l’impulsion de Thierry Caens. Vous pouvez nous contacter par e-mail à trompetteactus@gmail.com si vous souhaitez y participer.
Nos pensées vont à sa famille, à ses proches, à ses anciens élèves, à tous ceux qui ont été marqués par sa musique et sa personnalité. Nous consacrerons un portrait hommage dans le magazine qui sortira au mois de Janvier. Vous pouvez nous transmettre votre message par mail à trompetteactus@gmail.com
Merci à Michel Laplace pour l’aide à la réalisation de cet article. Vous pouvez retrouver de nombreuses informations sur Pierre Pollin dans le dernier livre de Michel : Memories of You
« Adieu M. Pierre Pollin, avec amitié et respect. » Michel Laplace, 24 novembre 2025