Aurore Prieur s'est imposée le 8 novembre lors du concours pour le poste de Trompette Solo de l'Orchestre de l'Opéra National de Lorraine.
Le concours avait lieu le 8 novembre, et c’est Aurore Prieur qui a remporté le poste après une journée qu’elle nous raconte à chaud. C’est également l’occasion pour nous de lui demander comment elle a préparé un tel concours.
La préparation
« Depuis l’annonce du concours, j’ai commencé à me préparer mentalement. J’ai choisi d’opter pour une préparation « marathon » (Aurore est une grande adepte de la course ndlr). Pour ça, sur le moment, j’ai repéré les différents concours qu’il pouvait y avoir entre début septembre et début novembre et je me suis inscrite à 3 concours précédent celui de l’opéra de Nancy (Opéra de Liège, Orchestre de la Garde Républicaine et Orchestre National de Lyon). Au fur et à mesure de l’été, j’ai affiné mes choix par rapport à mon temps de préparation et j’ai tout d’abord choisi de me désinscrire du concours de l’Opera de Liège, pour me concentrer sur le concours de l’Orchestre de la Garde Républicaine. Au concours de la Garde, gros moment de stress quand je vois que nous sommes 40 candidats. Mais finalement, j’arrive à passer au 2nd tour ce jour-là et je prends ça comme une première victoire sur ma préparation mentale. Je demande, bien sûr, des retours des trompettistes qui étaient au jury et je commence ma préparation de programme pour le concours de Nancy (l’avantage quand tu fais des concours depuis un certain nombre d’années, c’est que tu peux préparer un programme de concours assez rapidement 😉). À peine deux semaines plus tard, je vais d’abord jouer mon programme à Celestin Guérin qui m’apporte des précieux conseils et des éclairages différents de ce que j’ai l’habitude. Quelques jours plus tard, c’est avec Frédéric Mellardi que je peaufine les détails avant d’entrer dans une phase de filages. Je décide à ce moment-là de me désinscrire également du concours de l’Orchestre National de Lyon, ne trouvant pas très judicieux de participer à un autre concours 6 jours avant Nancy avec un programme presque totalement différent. S’ensuit quelques déplacements avec la musique de l’air qui m’empêchent un peu de rôder mon programme mais grâce à un couple d’amis coureurs de Versailles, j’ai l’opportunité de passer une semaine en montagne. Et là, c’est le cadre idéal pour faire une fin de préparation de concours ! Nous commençons souvent les journées par une sortie (course à pied ou randonnée), puis, après une bonne douche !, je fais un filage du programme. Je me mets en condition en faisant un peu de visualisation également. Grace à mes collègues, je reste tranquille jusqu’au jour du concours. J’arrive la veille pour pouvoir répéter avec le pianiste et tester l’acoustique de la salle pour le lendemain, je fais quelques courses puis je me couche tôt.
Comment as-tu vécu ce moment ?
Sûre de ma préparation instrumentale et mentale, j’arrive plutôt sereine à la salle Poirel vers 9h pour chauffer avec un tirage au sort prévu à 9h30. Ledit tirage a finalement lieu vers 9h50 et je tire le numéro 3. L’avantage quand on passe dans les premiers numéros, c’est qu’on n’a pas le temps de tergiverser ! Une fois passée, et assez contente, je savais que j’avais du temps (nous étions 24) et je sors pour aller me poser au Starbucks et me prend un petit goûter 😌 Je reviens environ une heure plus tard et apprends qu’on en est au numéro 14. Je me pose, m’isole avec mes écouteurs et écoute, sans vraiment écouter, la Légende de Georges Enescu qui était au 2nd tour. En même temps, je bouquine un bon polar ! Les résultats sont annoncés vers 13h, où nous apprenons que nous ne sommes plus que 5 pour continuer. Nous disposons d’une heure environ pour déjeuner et je mange sur place ce que j’avais prévu (depuis une mésaventure dûe à un sandwich lors d’un concours il y a quelques années, je fais très attention à ce que je mange le midi). Je passe en 2ème position pour le 2nd tour et en sort vraiment confiante. Les résultats sont donnés vers 15h et nous ne sommes plus que 3 pour la finale. Cette fois-ci, je me retrouve à passer en première donc je n’ai qu’une dizaine de minutes pour me préparer mentalement à la finale. Ça se passe un peu moins bien que je l’aurais souhaité et attends avec appréhension que les deux autres candidats soient passés pour qu’on puisse connaître la décision du jury. Contre toute attente, je fais partie des deux derniers candidats à être réécoutés sur quelques extraits (qui nous sont annoncés). Là, pas beaucoup de temps pour se re préparer mais, tant pis, il fallait y aller ! Le premier extrait redemandé est le début de la 5eme symphonie de Gustav Mahler, mais dirigé par le chef présent dans le jury. Je me sens bien, j’apprécie la manière de diriger, et une fois l’extrait terminé, j’entends le chef dire « c’est bon pour moi » (il parlait juste de Mahler, bien sûr, mais ça me met vraiment en confiance). Les extraits suivants se passent très bien à part, un extrait du concerto pour orchestre de Bartok où je bute un peu sur la manière de réaliser ce qu’ils voulaient mais je finis par y arriver. L’autre candidat passe à son tour. Peu de temps après, le directeur de l’opéra vient nous annoncer les résultats et j’ose à peine y croire quand il prononce mon nom. Je commence d’ailleurs tout juste à vraiment réaliser ! Ça reste vraiment un exercice difficile et des journées assez éprouvante mais j’encourage toutes celles et tous ceux qui en ont la motivation de ne rien lâcher. Croire en soi et croire que c’est possible !
Une très belle réussite, mais Aurore n’oublie pas pour autant de remercier tous les gens qui l’ont entouré : « Encore un grand merci à toutes celles et tous ceux qui me soutiennent et ont toujours cru en moi. »
Biographie
Née à Tours, Aurore Prieur débute l’apprentissage de la trompette à l’âge de 6 ans à l’ENM, puis rejoint le Conservatoire quelques années plus tard. Dès son adolescence, Aurore participe à plusieurs concours où elle remporte des prix (Concours d'Interprétation Musicale de Moulins, Concours des Jeunes Trompettistes d'Alençon). Elle terminera son cursus au CRR de Tours en juin 2007 avec plusieurs prix (Formation musicale, Trompette, Musique de chambre) et continuera, dès septembre de la même année, sa formation au sein du CNSMD de Paris, dans la classe de MM. Clément Garrec et Pierre Gillet.
Dès sa première année, Aurore continue de se perfectionner en participant à des concours. En février 2008, elle est la lauréate du Concours SELMER à Paris. Elle participera également au Concours International du Printemps de Prague, au Concours International de la ville de Porcia et au célèbre Concours International de Musique de l'ARD. Dès sa première année au CNSMDP, Aurore intègre le Brassband de la Musique de l'Air au poste de cornet solo. Parallèlement, elle continuera ses études au CNSMD de Paris où elle passera son Master de Trompette en juin 2011, obtenu à l'unanimité. En juin 2012, elle acquiert également un DNSPM de Musique de Chambre, dans la classe de Jens MacManama.
Aurore fait sa première expérience d'orchestre professionnel à l'Orchestre Région Centre-Tours en 2007. Depuis, elle a travaillé en collaboration avec des orchestres réputés tels que l'Opéra de Paris, l'Orchestre de Paris, l'Orchestre National du Capitole de Toulouse, l'Orchestre National d'Ile de France, l'Opéra National de Lorraine. Elle se produit également avec des orchestres d'harmonie (Orchestre d'Harmonie de la Région Centre,...), des brassbands (Aeolus Brassband,...) ainsi que le quatuor de cuivres Ron et ses Cuivrettes, fondé en mai 2013.
Depuis plusieurs années, Aurore a pu enseigner son instrument dans plusieurs établissements. Actuellement, elle est professeure au CRD de Chartres depuis la rentrée 2021 et désormais la nouvelle trompette solo de l'Orchestre de l'Opéra National de Lorraine.
L’équipe de Trompette Actus félicite l’ensemble des candidats qui ont participé à l’épreuve.
Aurore Prieur s'est imposée le 8 novembre lors du concours pour le poste de Trompette Solo de l'Orchestre de l'Opéra National de Lorraine.
Le concours avait lieu le 8 novembre, et c’est Aurore Prieur qui a remporté le poste après une journée qu’elle nous raconte à chaud. C’est également l’occasion pour nous de lui demander comment elle a préparé un tel concours.
La préparation
« Depuis l’annonce du concours, j’ai commencé à me préparer mentalement. J’ai choisi d’opter pour une préparation « marathon » (Aurore est une grande adepte de la course ndlr). Pour ça, sur le moment, j’ai repéré les différents concours qu’il pouvait y avoir entre début septembre et début novembre et je me suis inscrite à 3 concours précédent celui de l’opéra de Nancy (Opéra de Liège, Orchestre de la Garde Républicaine et Orchestre National de Lyon). Au fur et à mesure de l’été, j’ai affiné mes choix par rapport à mon temps de préparation et j’ai tout d’abord choisi de me désinscrire du concours de l’Opera de Liège, pour me concentrer sur le concours de l’Orchestre de la Garde Républicaine. Au concours de la Garde, gros moment de stress quand je vois que nous sommes 40 candidats. Mais finalement, j’arrive à passer au 2nd tour ce jour-là et je prends ça comme une première victoire sur ma préparation mentale. Je demande, bien sûr, des retours des trompettistes qui étaient au jury et je commence ma préparation de programme pour le concours de Nancy (l’avantage quand tu fais des concours depuis un certain nombre d’années, c’est que tu peux préparer un programme de concours assez rapidement 😉). À peine deux semaines plus tard, je vais d’abord jouer mon programme à Celestin Guérin qui m’apporte des précieux conseils et des éclairages différents de ce que j’ai l’habitude. Quelques jours plus tard, c’est avec Frédéric Mellardi que je peaufine les détails avant d’entrer dans une phase de filages. Je décide à ce moment-là de me désinscrire également du concours de l’Orchestre National de Lyon, ne trouvant pas très judicieux de participer à un autre concours 6 jours avant Nancy avec un programme presque totalement différent. S’ensuit quelques déplacements avec la musique de l’air qui m’empêchent un peu de rôder mon programme mais grâce à un couple d’amis coureurs de Versailles, j’ai l’opportunité de passer une semaine en montagne. Et là, c’est le cadre idéal pour faire une fin de préparation de concours ! Nous commençons souvent les journées par une sortie (course à pied ou randonnée), puis, après une bonne douche !, je fais un filage du programme. Je me mets en condition en faisant un peu de visualisation également. Grace à mes collègues, je reste tranquille jusqu’au jour du concours. J’arrive la veille pour pouvoir répéter avec le pianiste et tester l’acoustique de la salle pour le lendemain, je fais quelques courses puis je me couche tôt.
Comment as-tu vécu ce moment ?
Sûre de ma préparation instrumentale et mentale, j’arrive plutôt sereine à la salle Poirel vers 9h pour chauffer avec un tirage au sort prévu à 9h30. Ledit tirage a finalement lieu vers 9h50 et je tire le numéro 3. L’avantage quand on passe dans les premiers numéros, c’est qu’on n’a pas le temps de tergiverser ! Une fois passée, et assez contente, je savais que j’avais du temps (nous étions 24) et je sors pour aller me poser au Starbucks et me prend un petit goûter 😌 Je reviens environ une heure plus tard et apprends qu’on en est au numéro 14. Je me pose, m’isole avec mes écouteurs et écoute, sans vraiment écouter, la Légende de Georges Enescu qui était au 2nd tour. En même temps, je bouquine un bon polar ! Les résultats sont annoncés vers 13h, où nous apprenons que nous ne sommes plus que 5 pour continuer. Nous disposons d’une heure environ pour déjeuner et je mange sur place ce que j’avais prévu (depuis une mésaventure dûe à un sandwich lors d’un concours il y a quelques années, je fais très attention à ce que je mange le midi). Je passe en 2ème position pour le 2nd tour et en sort vraiment confiante. Les résultats sont donnés vers 15h et nous ne sommes plus que 3 pour la finale. Cette fois-ci, je me retrouve à passer en première donc je n’ai qu’une dizaine de minutes pour me préparer mentalement à la finale. Ça se passe un peu moins bien que je l’aurais souhaité et attends avec appréhension que les deux autres candidats soient passés pour qu’on puisse connaître la décision du jury. Contre toute attente, je fais partie des deux derniers candidats à être réécoutés sur quelques extraits (qui nous sont annoncés). Là, pas beaucoup de temps pour se re préparer mais, tant pis, il fallait y aller ! Le premier extrait redemandé est le début de la 5eme symphonie de Gustav Mahler, mais dirigé par le chef présent dans le jury. Je me sens bien, j’apprécie la manière de diriger, et une fois l’extrait terminé, j’entends le chef dire « c’est bon pour moi » (il parlait juste de Mahler, bien sûr, mais ça me met vraiment en confiance). Les extraits suivants se passent très bien à part, un extrait du concerto pour orchestre de Bartok où je bute un peu sur la manière de réaliser ce qu’ils voulaient mais je finis par y arriver. L’autre candidat passe à son tour. Peu de temps après, le directeur de l’opéra vient nous annoncer les résultats et j’ose à peine y croire quand il prononce mon nom. Je commence d’ailleurs tout juste à vraiment réaliser ! Ça reste vraiment un exercice difficile et des journées assez éprouvante mais j’encourage toutes celles et tous ceux qui en ont la motivation de ne rien lâcher. Croire en soi et croire que c’est possible !
Une très belle réussite, mais Aurore n’oublie pas pour autant de remercier tous les gens qui l’ont entouré : « Encore un grand merci à toutes celles et tous ceux qui me soutiennent et ont toujours cru en moi. »
Biographie
Née à Tours, Aurore Prieur débute l’apprentissage de la trompette à l’âge de 6 ans à l’ENM, puis rejoint le Conservatoire quelques années plus tard. Dès son adolescence, Aurore participe à plusieurs concours où elle remporte des prix (Concours d'Interprétation Musicale de Moulins, Concours des Jeunes Trompettistes d'Alençon). Elle terminera son cursus au CRR de Tours en juin 2007 avec plusieurs prix (Formation musicale, Trompette, Musique de chambre) et continuera, dès septembre de la même année, sa formation au sein du CNSMD de Paris, dans la classe de MM. Clément Garrec et Pierre Gillet.
Dès sa première année, Aurore continue de se perfectionner en participant à des concours. En février 2008, elle est la lauréate du Concours SELMER à Paris. Elle participera également au Concours International du Printemps de Prague, au Concours International de la ville de Porcia et au célèbre Concours International de Musique de l'ARD. Dès sa première année au CNSMDP, Aurore intègre le Brassband de la Musique de l'Air au poste de cornet solo. Parallèlement, elle continuera ses études au CNSMD de Paris où elle passera son Master de Trompette en juin 2011, obtenu à l'unanimité. En juin 2012, elle acquiert également un DNSPM de Musique de Chambre, dans la classe de Jens MacManama.
Aurore fait sa première expérience d'orchestre professionnel à l'Orchestre Région Centre-Tours en 2007. Depuis, elle a travaillé en collaboration avec des orchestres réputés tels que l'Opéra de Paris, l'Orchestre de Paris, l'Orchestre National du Capitole de Toulouse, l'Orchestre National d'Ile de France, l'Opéra National de Lorraine. Elle se produit également avec des orchestres d'harmonie (Orchestre d'Harmonie de la Région Centre,...), des brassbands (Aeolus Brassband,...) ainsi que le quatuor de cuivres Ron et ses Cuivrettes, fondé en mai 2013.
Depuis plusieurs années, Aurore a pu enseigner son instrument dans plusieurs établissements. Actuellement, elle est professeure au CRD de Chartres depuis la rentrée 2021 et désormais la nouvelle trompette solo de l'Orchestre de l'Opéra National de Lorraine.
L’équipe de Trompette Actus félicite l’ensemble des candidats qui ont participé à l’épreuve.