Arte signe un portrait inédit de Lucienne Renaudin Vary : « La trompette selon Lucienne »
Citation de Fabian Flament le 30/06/2025, 12h36Arte consacre un documentaire à la trompettiste française Lucienne Renaudin Vary, révélée en 2016 et désormais incontournable sur la scène internationale. Réalisé par Beatrix Conrad, ce film retrace le parcours hors norme d’une musicienne éclectique et visionnaire, en quête d’un instrument élargi et d’un répertoire renouvelé.
Une figure libre et lumineuse : la « Fée Trompette »
C’est Le Monde qui lui a attribué ce surnom : « la Fée Trompette ». Depuis sa Victoire de la Musique Classique en 2016 (Révélation soliste instrumental), Lucienne Renaudin Vary bouscule les codes et insuffle un vent de liberté dans l’univers de la trompette. À 26 ans, elle s’impose par son éclectisme assumé, sa virtuosité expressive et son approche décomplexée du répertoire.
Le documentaire d’Arte, intitulé La trompette selon Lucienne Renaudin Vary, réalisé par Beatrix Conrad, ne se contente pas d’un portrait biographique. Il propose une immersion dans l’univers de la musicienne, sa méthode de travail, ses doutes, ses joies, et ses ambitions artistiques.
Un documentaire entre itinéraire personnel et réflexion artistique
Beatrix Conrad, réalisatrice spécialisée dans les portraits de musiciens (Lang Lang, Gautier Capuçon, Rolando Villazón), adopte une démarche intimiste. Le fil conducteur du film est un concert donné à l’église Saint-Michel de Hambourg, en août 2024, avec l’ensemble I Solisti Veneti dirigé par Giuliano Carella. Le programme, associant Vivaldi et Piazzolla, résume parfaitement l’identité artistique de Lucienne : à la croisée des styles, dans une recherche constante d’émotion et de justesse.
Mais le cœur du film se situe ailleurs. On suit l’artiste dans ses déplacements, ses répétitions, ses réflexions. La caméra capte un moment charnière de sa carrière, où la virtuosité laisse place à une vision plus large, tournée vers l’évolution même de l’instrument.
Une trompette sur mesure pour élargir le champ des possibles
Le documentaire révèle un projet inédit : la conception d’une trompette sur mesure, pensée pour élargir le registre grave. Cette collaboration avec un artisan d’exception témoigne d’une ambition singulière : doter l’instrument de nouvelles capacités, non pas pour la seule performance, mais pour susciter la création de nouveaux répertoires.
Cette démarche s’inscrit dans une tradition d’excellence portée par des facteurs français tels qu’Adrien Jaminet, Antoine Courtois, ou encore Henri Selmer Paris. Mais elle va plus loin : Lucienne Renaudin Vary entend non seulement adapter son instrument à ses besoins, mais aussi provoquer l’écriture de nouvelles œuvres.
Une musicienne entre les mondes
Formée simultanément au jazz et à la musique classique au CNSM de Paris, Lucienne revendique une identité plurielle. Sa discographie le reflète : The Voice of the Trumpet (2017), Mademoiselle in New York (2019), Piazzolla Stories (2021) ou encore Trumpet Concertos (2022) mêlent transcriptions, standards, et créations dans une logique de décloisonnement.
Cette liberté de ton et d’approche fait d’elle une artiste atypique, admirative aussi bien de Chet Baker que de Beethoven, et toujours en quête de nouvelles couleurs sonores.
Une présence scénique remarquable
Lucienne Renaudin Vary impressionne aussi par son rapport au corps et à la scène. Elle joue pieds nus, danse parfois avec la musique, habite son interprétation avec sincérité. La critique souligne son timbre chaleureux, sa justesse fluide, mais aussi une maturité musicale qui dépasse largement son âge.
Une artiste engagée, un modèle de résilience
Le film évoque également des aspects plus personnels. La jeune trompettiste a subi des remarques sexistes, notamment dans le milieu du jazz, mais n’a jamais renoncé. Aujourd’hui, elle encourage les jeunes musiciennes à ne pas se laisser décourager. Elle est devenue, à sa manière, une figure inspirante pour une nouvelle génération d’instrumentistes.
Cette maturité s’enracine aussi dans un événement marquant : un accident de voiture survenu il y a quelques années, qui l’a profondément transformée. Depuis, elle aborde la musique avec une urgence et une sincérité nouvelles. « La trompette, c’est ma voix », dit-elle.
Un héritage déjà en construction
À 26 ans, Lucienne pense déjà à la transmission. En résidence au Gstaad Menuhin Festival, elle élargit ses projets, sonde l’avenir. Son initiative autour d’un instrument sur mesure n’est pas un aboutissement, mais un point de départ. En s’impliquant dans la création de nouveaux outils et de nouvelles œuvres, elle participe activement à la transformation du paysage trompettistique contemporain.
Un film à ne pas manquer
La trompette selon Lucienne Renaudin Vary n’est pas un simple documentaire. C’est un témoignage d’artiste, une plongée dans une pensée musicale en mouvement, et un geste fort pour la reconnaissance de la trompette comme voix artistique singulière. Pour les passionnés d’instrument, les curieux de musique et les jeunes musiciens, ce film est un passage obligé.
Fiche technique
- Titre : La trompette selon Lucienne Renaudin Vary
- Réalisatrice : Beatrix Conrad
- Chaîne : Arte
- Production : 3B-Produktion, Norddeutscher Rundfunk (NDR), Arte
- Durée : 44 à 50 minutes
- Diffusion : Disponible sur arte.tv jusqu’au 26 septembre 2025
- Pays : Allemagne, 2025
Arte consacre un documentaire à la trompettiste française Lucienne Renaudin Vary, révélée en 2016 et désormais incontournable sur la scène internationale. Réalisé par Beatrix Conrad, ce film retrace le parcours hors norme d’une musicienne éclectique et visionnaire, en quête d’un instrument élargi et d’un répertoire renouvelé.
Une figure libre et lumineuse : la « Fée Trompette »
C’est Le Monde qui lui a attribué ce surnom : « la Fée Trompette ». Depuis sa Victoire de la Musique Classique en 2016 (Révélation soliste instrumental), Lucienne Renaudin Vary bouscule les codes et insuffle un vent de liberté dans l’univers de la trompette. À 26 ans, elle s’impose par son éclectisme assumé, sa virtuosité expressive et son approche décomplexée du répertoire.
Le documentaire d’Arte, intitulé La trompette selon Lucienne Renaudin Vary, réalisé par Beatrix Conrad, ne se contente pas d’un portrait biographique. Il propose une immersion dans l’univers de la musicienne, sa méthode de travail, ses doutes, ses joies, et ses ambitions artistiques.
Un documentaire entre itinéraire personnel et réflexion artistique
Beatrix Conrad, réalisatrice spécialisée dans les portraits de musiciens (Lang Lang, Gautier Capuçon, Rolando Villazón), adopte une démarche intimiste. Le fil conducteur du film est un concert donné à l’église Saint-Michel de Hambourg, en août 2024, avec l’ensemble I Solisti Veneti dirigé par Giuliano Carella. Le programme, associant Vivaldi et Piazzolla, résume parfaitement l’identité artistique de Lucienne : à la croisée des styles, dans une recherche constante d’émotion et de justesse.
Mais le cœur du film se situe ailleurs. On suit l’artiste dans ses déplacements, ses répétitions, ses réflexions. La caméra capte un moment charnière de sa carrière, où la virtuosité laisse place à une vision plus large, tournée vers l’évolution même de l’instrument.
Une trompette sur mesure pour élargir le champ des possibles
Le documentaire révèle un projet inédit : la conception d’une trompette sur mesure, pensée pour élargir le registre grave. Cette collaboration avec un artisan d’exception témoigne d’une ambition singulière : doter l’instrument de nouvelles capacités, non pas pour la seule performance, mais pour susciter la création de nouveaux répertoires.
Cette démarche s’inscrit dans une tradition d’excellence portée par des facteurs français tels qu’Adrien Jaminet, Antoine Courtois, ou encore Henri Selmer Paris. Mais elle va plus loin : Lucienne Renaudin Vary entend non seulement adapter son instrument à ses besoins, mais aussi provoquer l’écriture de nouvelles œuvres.
Une musicienne entre les mondes
Formée simultanément au jazz et à la musique classique au CNSM de Paris, Lucienne revendique une identité plurielle. Sa discographie le reflète : The Voice of the Trumpet (2017), Mademoiselle in New York (2019), Piazzolla Stories (2021) ou encore Trumpet Concertos (2022) mêlent transcriptions, standards, et créations dans une logique de décloisonnement.
Cette liberté de ton et d’approche fait d’elle une artiste atypique, admirative aussi bien de Chet Baker que de Beethoven, et toujours en quête de nouvelles couleurs sonores.
Une présence scénique remarquable
Lucienne Renaudin Vary impressionne aussi par son rapport au corps et à la scène. Elle joue pieds nus, danse parfois avec la musique, habite son interprétation avec sincérité. La critique souligne son timbre chaleureux, sa justesse fluide, mais aussi une maturité musicale qui dépasse largement son âge.
Une artiste engagée, un modèle de résilience
Le film évoque également des aspects plus personnels. La jeune trompettiste a subi des remarques sexistes, notamment dans le milieu du jazz, mais n’a jamais renoncé. Aujourd’hui, elle encourage les jeunes musiciennes à ne pas se laisser décourager. Elle est devenue, à sa manière, une figure inspirante pour une nouvelle génération d’instrumentistes.
Cette maturité s’enracine aussi dans un événement marquant : un accident de voiture survenu il y a quelques années, qui l’a profondément transformée. Depuis, elle aborde la musique avec une urgence et une sincérité nouvelles. « La trompette, c’est ma voix », dit-elle.
Un héritage déjà en construction
À 26 ans, Lucienne pense déjà à la transmission. En résidence au Gstaad Menuhin Festival, elle élargit ses projets, sonde l’avenir. Son initiative autour d’un instrument sur mesure n’est pas un aboutissement, mais un point de départ. En s’impliquant dans la création de nouveaux outils et de nouvelles œuvres, elle participe activement à la transformation du paysage trompettistique contemporain.
Un film à ne pas manquer
La trompette selon Lucienne Renaudin Vary n’est pas un simple documentaire. C’est un témoignage d’artiste, une plongée dans une pensée musicale en mouvement, et un geste fort pour la reconnaissance de la trompette comme voix artistique singulière. Pour les passionnés d’instrument, les curieux de musique et les jeunes musiciens, ce film est un passage obligé.
Fiche technique
- Titre : La trompette selon Lucienne Renaudin Vary
- Réalisatrice : Beatrix Conrad
- Chaîne : Arte
- Production : 3B-Produktion, Norddeutscher Rundfunk (NDR), Arte
- Durée : 44 à 50 minutes
- Diffusion : Disponible sur arte.tv jusqu’au 26 septembre 2025
- Pays : Allemagne, 2025