Le podcast ToBrass poursuit sa série d’entretiens avec les grandes figures des cuivres. Pour ce 11ᵉ épisode, c’est le trompettiste Javier Rossetto, trompette solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, qui se confie au micro de Valentin et Rémi. Pendant près de deux heures, il revient avec beaucoup de sincérité sur son parcours, sa méthode de travail et sa vision du métier de musicien.
D’El Sistema aux plus grands orchestres français
Né au Venezuela, Javier Rossetto découvre la musique au sein d’El Sistema, le célèbre programme imaginé par José Antonio Abreu pour offrir aux enfants un accès à la pratique orchestrale. Après avoir commencé par la percussion et le violon, il choisit la trompette avant d’intégrer l’Académie latino-américaine de trompette de Caracas. Son rêve de venir étudier en France auprès d’Éric Aubier se concrétise, d’abord à Amiens, puis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.
Trois concours pour un même pupitre
L’un des moments marquants de l’entretien concerne son accession au poste de trompette solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Javier Rossetto raconte avoir présenté trois fois le concours : une première sans lauréat, une deuxième où David Guerrier obtient le poste, puis une troisième tentative couronnée de succès. Une expérience qui nourrit chez lui une philosophie simple : progresser continuellement plutôt que se focaliser uniquement sur le résultat.
Une méthode de travail fondée sur la discipline
Au-delà de son parcours, l’épisode offre de nombreux conseils aux trompettistes. Javier Rossetto explique privilégier une discipline quotidienne plutôt qu’une routine immuable. Il insiste sur un travail fractionné, des séances courtes entrecoupées de pauses, ainsi que sur l’importance du relâchement. Pour lui, l’une des erreurs les plus fréquentes est de « confondre fort et forcé », une tension qui nuit autant à la qualité du son qu’au confort de jeu.
Une épreuve qui a changé sa manière de jouer
L’entretien prend une tournure plus personnelle lorsque Javier Rossetto évoque la dystonie qui l’a privé de trompette pendant neuf mois à l’âge de quinze ans. Il raconte comment cette période difficile l’a conduit à reconstruire entièrement sa technique et sa relation à l’instrument. Aujourd’hui encore, cette expérience influence sa manière d’enseigner et de gérer les moments de doute.
Une réflexion sur la transmission
L’épisode aborde enfin la pédagogie, le choix du matériel, la préparation mentale des concours et même l’intelligence artificielle. Javier Rossetto rappelle que, selon lui, aucune technologie ne pourra remplacer l’émotion transmise par un musicien sur scène. Un échange riche, ponctué de nombreuses anecdotes, qui séduira autant les étudiants que les professionnels.
🎧 Le podcast ToBrass – Épisode #11 est disponible dès maintenant sur les principales plateformes d’écoute.


