Sorti le 8 mai dernier, il m’aura fallu 15 jours pour sortir un article sur le dernier disque de Clément Saunier. Si le temps file, ce n’est pas la seule raison à ce délai. Le disque que nous propose aujourd’hui le musicien français est un chef d’œuvre à déguster dans de bonnes conditions.
Et avant de lire cette chronique entièrement rédigée par un humain, je vous propose de découvrir le premier titre de l’album : Zimmermann: Nobody knows de trouble I see
Ces 15 minutes nous laissent dans un état contemplatif et admiratif par plusieurs aspects :
- La musique : en découvrant le programme de l’enregistrement, le trompettiste pourrait se dire « encore une performance pour montrer les limites de la trompette et la maîtrise technique absolu de l’interprète ». Et bien non. Si ces aspects sont indéniables, ce qui époustoufle tout d’abord c’est la musique incroyable qui ressort de ce répertoire contemporain. Clément Saunier démontre que la technique doit être au service de la musique pour qu’on finisse par l’oublier !
- La prise de son : nulle doute que la performance doit être encore plus chargée émotionnellement en live, mais il faut reconnaître que la prise de son de Beata Jankowska-Burzyńska et Julita Emanuiłow permet d’apprécier toutes les subtilités et couleurs aussi bien du soliste que de l’excellent orchestre, le Sinfonia Varsovia, dirigé par le maestro Wilson Hermanto
Sans surprise, le reste de l’album surprend et nous permet de découvrir pleinement ce registre. Fait à souligner : Clément Saunier signe les premiers enregistrements réalisés par un trompettiste français de ces trois pièces exigeantes de Zimmermann, Eötvös, et Gruber.


Peut-on dire que c’est une nouvelle étape ? Le soliste nous répond :
Je pense que oui.
Monter un projet comme celui-là, le concevoir, sélectionner les pièces, se les approprier au fil du travail, cela fait que l’aventure devient singulière et marquante.Je tenais à produire moi-même tout le projet pour contrôler un maximum de paramètres et tout ce « travail de l’ombre » prend beaucoup de temps et d’énergie ! Il s’agit de séduire le label de disque, sélectionner l’orchestre, négocier avec les agents, choisir le studio, l’équipe qui va enregistrer le son, commander les partitions, réserver avions et hôtels, travailler le livret du disque etc…
Ce disque marque aussi une étape psychologique sur le champ des possibles me concernant. C’est à dire oser se confronter à ces oeuvres extrêmes et à un projet de cette ampleur, en trouvant le temps dans un agenda assez chargé de se préparer. Cela m’a permis de me projeter vers d’autres projets futurs sans peurs !
(Interview à retrouver en intégralité dans le numéro 17 de Trompettistes Magazine, sorti prévu début juillet)
Ce disque nous permet également de découvrir le timbre unique des nouvelles trompettes Antoine Courtois, conçues en collaboration avec Clément Saunier, Adrien Jaminet et Werner Duwe :
Quand Courtois m’a proposé de relancer une gamme de trompette en 2021, j’ai saisi cette opportunité pour concevoir d’abord une gamme professionnelle « Confluence » et tout dernièrement une gamme d’étude « Bellecour ». Cela correspondait à un moment où j’avais envie de relever ce challenge.
C’est un travail passionnant que j’ai mené avec Werner Duwe, Adrien Jaminet (designer des instruments) et les équipes techniques.
Faire revivre une marque historique Française est un grand honneur et l’opportunité de proposer des instruments différents des marques hégémoniques Américaines et Japonaises. D’autres modèles arrivent (la piccolo !) et j’en suis très heureux.
Le disque est à commander de toute urgence sur le site de l’artiste : https://www.clementsaunier.com/media/
Le disque est produit par le Label Claves Records. Photo : Estelle Poulalion


