Dans un nouvel épisode du podcast To Brass, le trompettiste français Frédéric Foucher se livre avec précision sur un parcours à la croisée de plusieurs univers musicaux. Trompette solo à la Musique de l’Air et de l’Espace basée à Villacoublay, mais également musicien aux Concerts Pasdeloup, il incarne une figure discrète mais essentielle du paysage brass français.
Issu d’une famille de musiciens — son père appartenait déjà à la Musique de l’Air — Frédéric Foucher revendique une approche artisanale de son métier. Il se définit lui-même comme un « artisan musicien qui fabrique du son », une vision profondément ancrée dans la transmission familiale et dans une pratique quotidienne exigeante.
L’un des apports majeurs de cet entretien réside dans la mise en lumière du fonctionnement souvent méconnu des orchestres militaires. Au-delà de l’image cérémonielle, il détaille un quotidien rythmé par des missions variées : remises de décorations, prises de commandement, cérémonies funéraires à travers toute la France, mais aussi concerts ouverts au public. Il évoque notamment les contraintes logistiques et humaines du défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées, avec des répétitions dès l’aube, ou encore des conditions parfois extrêmes, comme cette cérémonie à Nancy où le froid avait figé les coulisses des instruments.
Le statut de musicien militaire est également abordé avec clarté : recrutement sur concours, formation en tant que sous-officier, évolution de carrière structurée, et un système de retraite spécifique pouvant intervenir après 17 années de service. Autant d’éléments qui dessinent un cadre professionnel singulier dans le monde musical.
En parallèle de son engagement militaire, Frédéric Foucher a mené une carrière riche dans le secteur civil. Il revient sur son rôle de cornet principal au sein du Paris Brass Band, ensemble dont il a proposé le nom à ses débuts, avant de s’en éloigner lorsque la logique de concours ne correspondait plus à ses aspirations artistiques. Il évoque également ses expériences en tant que remplaçant à la trompette solo à l’Orchestre de Paris et à l’Opéra National, ainsi que sa participation à la production de la comédie musicale Singin’ in the Rain avec les Concerts Pasdeloup, une expérience marquante qui l’a amené à développer un jeu plus proche des esthétiques de la musique de variété.
La seconde partie du podcast s’adresse plus directement aux trompettistes, avec un contenu technique dense. Frédéric Foucher y partage son approche du registre grave, inspirée notamment de la méthode Maggio, ainsi que ses réflexions sur la gestion des « brins » (fausses notes), la nécessité de chanter mentalement avant de jouer, ou encore l’impact du matériel sur la production du son.
À ce sujet, il décrit une trompette « sur mesure », conçue avec le facteur Adrien Jaminet à partir d’éléments issus de différentes marques, dont Ludovic, Yamaha Malone et Bach. Une démarche qui illustre sa recherche sonore, tout en affirmant une conviction forte : le son appartient avant tout au musicien, et non à l’instrument.
À travers ce témoignage, Frédéric Foucher dresse le portrait d’un musicien complet, à la fois ancré dans l’institution militaire et pleinement actif sur les scènes parisiennes. Un regard lucide et sans artifice sur un métier souvent fantasmé, mais dont la réalité repose avant tout sur la rigueur, l’adaptation et la constance.


