Georges Jouvin, Trompette Cocktail et Brigitte Bardot : un disque à l’épreuve du temps et de la mémoire

La disparition récente de Brigitte Bardot, à l’âge de 91 ans, a ravivé une émotion profonde bien au-delà du monde du cinéma. Icône absolue des années 1950 et 1960, muse internationale, Bardot laisse derrière elle une empreinte culturelle immense, qui se prolonge aussi dans l’histoire de la musique populaire. Parmi ces traces sonores figure un disque aujourd’hui chargé d’une résonance toute particulière : Georges Jouvin, sa trompette d’or et son orchestre – Brigitte Bardot.

Trompette Cocktail, le pseudonyme qui ne trompait personne

Au début des années 1960, Georges Jouvin enregistre également ce titre sous le pseudonyme « Trompette Cocktail », sur un 33 tours 17 cm paru en 1962 (Gala des Variétés G315). Un nom d’emprunt qui amusait les musiciens de l’époque, tant la signature sonore était reconnaissable.

Sonorité lumineuse, vibrato maîtrisé, phrasé chantant : tout dans cette interprétation trahit immédiatement la patte de Georges Jouvin. Comme le rappelait avec humour le trompettiste Pierre Dutot, une fois Georges Jouvin entendu, il devenait impossible de le confondre avec un autre.

Une chanson brésilienne devenue symbole français

À l’origine, Brigitte Bardot – Bardot est une chanson brésilienne composée par Miguel Gustavo et popularisée en 1960 par Jorge Veiga. Marchinha de carnaval teintée de samba, elle rend hommage avec humour à l’actrice française alors au sommet de sa gloire.

La reprise française, enregistrée en 1962 par Dario Moreno, connaît un immense succès et contribue à installer Bardot comme un mythe vivant. Georges Jouvin, en choisissant d’en proposer une version instrumentale, inscrit cette mélodie dans le paysage de la variété orchestrale française, où la trompette devient porteuse d’images, de cinéma et de modernité.

Un 45 tours devenu patrimonial

Le 45 tours Pathé-Marconi EGF 544 est aujourd’hui bien plus qu’un simple disque de danse. Sa pochette, associant la trompette dorée de Jouvin à l’allure libre et espiègle de Bardot, condense à elle seule l’esthétique d’une époque. Les titres qui l’accompagnent — Zou Bisou Bisou, Poderoso Señor, La Marche des anges — témoignent de la capacité de Jouvin à capter l’air du temps et à le traduire dans un langage instrumental accessible à tous.

Quand la disparition ravive le sens des disques

La mort de Brigitte Bardot donne aujourd’hui à ce 45 tours une dimension nouvelle. Ce n’est plus seulement un objet de variété, mais un fragment de mémoire collective. Il relie deux figures majeures de la culture française :

  • une actrice devenue symbole mondial de liberté et de modernité
  • un trompettiste populaire qui a fait entrer la trompette dans les foyers, les bals et les studios

Réécouter Brigitte Bardot par Georges Jouvin, c’est entendre l’écho d’un monde disparu, celui d’une France où cinéma, musique et danse formaient un même souffle populaire. À l’heure des hommages, ce disque rappelle combien la musique instrumentale peut, elle aussi, conserver et transmettre la mémoire des icônes.

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Trompette Actus

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