Du saxophone sur Trompette Actus ? Comment ? Mais oui, surtout quand Julien Daïan revient avec un nouvel album avec à ses côtés le trompettiste Axel Tassel ! Découverte de « Suppose it is butter »
Après Cut-Up en 2021, le saxophoniste Julien Daïan signe un nouvel album, avec toujours autour de lui des musiciens géniaux dont le trompettiste Alex Tassel dont on a plaisir à retrouver le timbre dans les compositions riches du saxophoniste.
Julien Daïan nous revient avec un nouvel opus, “Suppose it is butter”, citation énigmatique extirpée d’un poème de Gertrude Stein qui donne le ton à ce voyage musical iconoclaste. Fidèle à sa recette unique, il concocte un cocktail détonnant de col- laborations surprenantes, de titres inattendus et d’influences qu’on ne veut plus citer, refusant de se laisser enfermer dans une seule case.
C’est ainsi que s’ouvre cet opus, en un bouquet d’accords frais et vibrants de pure pop&jazz, un smoothie banane-butternut caressant les papilles auditives. « Bartz is a kid again », clame le titre, clin d’œil nostalgique au funk flamboyant de Gary Bartz, aux coupes afro, à un Harlem idéalisé. Un voyage temporel qui se poursuit avec « The play you play away », un titre ambiant & down-tempo inspiré du New-York underground de Sam Wilkes et des Lounge Lisard. Winston McAnuff y déploie ses mélopées dans un registre soul et atmosphérique si étonnant. Un envoûtement qui se mue en une apothéose électro-festive sur le titre qui concluera l’album, « Clubbing with the watcher », où Daïan se mue en maître de cérémonie de soirée festive et incantatoire.
Après Serge Gainsbourg sur l’album “Cut-up”, c’est Daniel Auteuil que l’on croise furtivement en ce lendemain de fête, prêtant sa voix pour “Les musiciens dorment le matin”. Le sommeil y’est agité, saturé peut-être de revers plus sombres et d’errements nocturnes avec en arrière plan le son de trompette d’Axel Tassel, la voilà notre trompette !
Armé d’une paire de denim de confection japonaise, de riffs New-Yorkais et de scratches vieille école, il nous transporte avec le rappeur Biship Chasten au coeur des années 90, à l’époque où le duo Marsalis / Premier a changé sa vie. Biship Chasten est également présent et soutenu par l’indestructible Roger Raspail sur “Caïman Barbu”, titre dans lequel on a plaisir de retourver Alex Tassel à la trompette dans un rythme qui s’accélère et se cubanise.
Daïan nous affirme qu’il fait du Melting’Jazz on est d’accord, on est toujours d’accord. Il nous dit qu’il est Dadaïste et on lui répond qu’il est Daïaniste. On ne comprendra pas tout, on se laissera surprendre puis porter sans réfléchir en battant de la semelle, c’est bien un album de Julien Daïan.
En bref, un album qu’on a plaisir à découvrir, le mix est magnifique, les compositions originales nous vont voyager et on ne boude pas son plaisir de retrouver aux côtés de ce merveilleux saxophoniste qu’est Julien Daïan, un tout aussi merveilleux trompettiste Axel Tassel.


