Une journée dans le monde des Brass Band !

Ce week-end avait lieu la finale des Championnats Nationaux du Royaume Unis. Un événement que nous vous proposons de revivre de l’intérieur avec le témoignage d’un fan de musique qui y a passé la journée. C’est parti !

Un témoignage de Vincent Pingard :

C’était une journée d’autant plus exceptionnelle que j’y ai amené mon fils de 6 ans, Alessio, qui apprend le cornet depuis un an environ avec Gérald Rolland, pour qui c’était la première opportunité d’écouter des brass bands de ce calibre, et très certainement une révélation pour lui sur l’approche instrumentale, voire même la raison d’être de ses parfois longues séances d’apprentissage quotidiennes.

Je retiens surtout un environnement très convivial, presque intimiste. Le lieu étant très imposant et grand, les accès sont multiples (ainsi que les indispensables points de rafraîchissement), parfois même tortueux, on passe dans de grands couloirs vides pour se retrouver soudainement au milieu de cette gigantesque arène, dans les ‘Stalls’, où nous avions la chance d’être à quelques mètres seulement des musiciens. L’organisation était sans faille, avec très peu d’attente entre les groupes, ce qui est nécessaire au vu des 20 orchestres participant à cette compétition. La salle était malheureusement remplie de moitié environ, et le public un peu moins emballé que certaines années auparavant. Mais les spectateurs présents étaient tous des passionnés, écoutant inlassablement la même pièce plusieurs fois de suite, très attentivement. Ces Nationals sont un véritable pèlerinage pour beaucoup d’orchestres, comme nous le rappelle le fameux film Brassed Off, mais il l’est aussi pour bon nombre de spectateurs, qui viennent se ressourcer musicalement et renforcer leurs repères musicaux.

Cette pièce, justement, Harrison’s Dream, écrite dans les années 2000, était l’autre véritable icône de cet évènement. C’est une musique poignante, racontant le péril des vaisseaux explorateurs perdus en mer, et de leur courageux équipage, alors que le calcul de leur position géographique était pour le moins hasardeuse, et en particulier la longitude, qui nécessitait l’utilisation d’horloges de précision, techniquement pas encore abouties jusqu’à une époque pas si lointaine. On peut ressentir dans cette magnifique musique, les drames humains qui se sont succédés, les enjeux techniques rencontrés par l’horloger autodidacte John Harrison, ce rêve d’aboutir à une navigation plus sûre, entrecoupés par le tictac frénétique du temps, engloutissant vies humaines et efforts désespérés. C’est un morceau que l’on peut écouter plusieurs fois de suite sans se lasser, et qui laisse un champ d’interprétation très vaste aux chefs d’orchestres et aux différents solistes, très exposés durant des passages lyriques sublimes et ainsi que des traits vifs et envolés, demandant une très grande maîtrise.

Nous avons pu écouter ainsi la plupart des orchestres, sachant à l’avance quels étaient les plus grands prétendants. Je t’avoue avoir un faible pour le Black Dyke en particulier, d’autant plus que mon ami Adam Bokaris, avec qui j’ai eu la chance de jouer en Australie lors de compétitions nationales, était présent en tant que principal euphonium. Un petit espoir aussi pour Brighouse and Rastrick, particulièrement emblématique dans ce lieu mythique pour eux, dirigé par l’orfèvre David King, avec qui j’ai eu aussi la chance d’être dirigé au sein du National Australia Brass il y a quelques années. De nombreux amis étaient présents dans ces orchestres, souvent d’anciens camarades de Band australiens, comme le très talentueux Dominic Longhusrt, invité depuis Sydney pour jouer le cornet Mi bémol avec le B&R.

J’étais très attentif également lorsque Flowers est entré sur scène, parmi les derniers groupes. Certains diront que leur passage tardif a facilité leur victoire, mais je peux être témoin d’une musicalité hors du commun, d’une précision époustouflante dans tous les puptires, et surtout ce mélange de ténacité mais aussi d’une certaine vulnérabilité et d’une modestie que d’autres groupes n’ont pas, et qui sied à merveille à ce morceau en particulier, tellement rempli d’espoir, de drames humains, et finalement, de rêve. Un très beau cadeau non seulement pour le public, conquis, mais aussi pour ces outsiders, qui prennent de plus en plus de place sur le haut des ‘charts’ ces derniers temps.

Je ne m’attarderai pas sur les pubs aux alentours, pleins à craquer (et sans doute bien trop bondés pour être adaptés à mon petit garçon!). C’est une formidable occasion de rencontrer les musiciens, et anciens amis, et on peut voir un mélange très convivial de tous les groupes, où ne règne absolument aucune animosité, comme on peut parfois le croire ici en France. Ce melting pot est une autre occasion d’inspirations mutuelles, encore plus humaine, où l’on se rappelle que chaque musicien est là presque par miracle, entre centaines d’heures de travail musical, leurs métiers respectifs, des obligations familiales souvent complexes, des soirées de répétitions qui sont chacune un sacrifice à effectuer parmi d’autres activités… Et tout cela pour encore plus souder ces personnes admirables entre elles, face à tous ces défis de chaque jour.

Le concert de gala, ‘performé’ par Black Dyke, était à la hauteur de la légende. Des morceaux tous aussi incroyables les uns que les autres, avec toujours une petite pointe d’humour et de larges sourires, dans une décontraction et une concentration tellement ‘british’.Il est maintenant temps de quitter le monde du ‘dream’, et de revenir sur terre,… jusqu’aux prochaines festivités musicales!


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