L’Académie des Cuivres et Percussions de Surgères (1/3) : rencontre avec les acteurs de ce rendez-vous incontournable

La vingt-sixième édition de l’Académie des Cuivres et Percussions de Surgères vient de s’achever. À travers la rencontre avec quelques-uns de ses acteurs, Trompette Actus vous plonge dans l’esprit de ce rendez-vous incontournable.

(Crédit photo Sophie Bollich)

Fondée en 1999 par Christian Méchin, Clément Saunier et Guillaume Lécuyer sur une proposition de Clément Saunier, cette académie propose à Surgères un moment privilégié au cœur de l’été pour le perfectionnement de la pratique des cuivres et des percussions. (source https://academiesurgeres.wixsite.com)

Une ambiance de ruche règne cette semaine à l’école Jules Ferry de Surgères. Ça buzze dans tous les coins et chacun – professeurs, élèves, animateurs, exposants – s’affaire avec une studieuse décontraction. Trompettistes, trombonistes, tubistes, cornistes, percussionnistes de tous âges ont investi les lieux, des salles de classe à la cour de récréation.

Nous avons demandé à trois professeurs de l’académie ce qui, selon eux, faisait la force de ces rencontres estivales : Rodolph Puechbroussous (professeur au CMA Paris 9ème, bugle de l’Orchestre de la Musique De la Police Nationale, Trombamania…), Charly Villoteau (trompettiste à l’orchestre de de la Police Nationale, Paris Brass Quintet, Trombamania…), Jérémie Dufort (tubiste dans l’orchestre de la Garde républicaine, professeur de musique de chambre au CNSM de Paris et de tuba au CRR de Paris…)
Alors qu’ils ne s’étaient pas concertés, leurs réponses ont été unanimes.

Ce qui frappe lorsqu’on découvre l’Académie – qui s’impose désormais comme l’un des tout premiers stages à l’échelon national – c’est son esprit familial et bienveillant.

Pour Jérémie Dufort, qui dirige les ensembles, la fidélité de l’équipe pédagogique ainsi que des bénévoles est admirable. Tous se connaissent et ont l’habitude de travailler ensemble.

“ À Surgères on connaît tout le monde, on a vraiment tissé des liens, quelque chose de fort aussi humainement, pas seulement pédagogiquement.”

Quant aux stagiaires, très heureux des moments qu’ils peuvent vivre à Surgères, beaucoup d’entre eux se réinscrivent d’une année sur l’autre et il n’est pas rare de croiser un élève dont c’est la 5e, 6e… voire 11e participation !
Certains même, après quelques années, deviennent à leur tour professionnels. Jérémie Dufort évoque par exemple Lucas Lipari-Mayer, qui avait huit ans lors de ses premières participations au stage et qu’il côtoie désormais en tant que collègue à l’Ensemble Intercontemporain.

Charly Villoteau, fidèle au poste depuis 25 ans, souligne d’ailleurs la présence, pour la première fois, d’anciens élèves de l’Académie menant de brillantes carrières devenus eux-mêmes professeurs : Tancrède Cymerman (tuba), Rémi Joussemet (trompette) et Juliette Tricoire (trombone) ont intégré l’équipe pédagogique cette année et, désormais collègues de leurs « vieux profs » (sic), apportent un renouveau “plus actuel” pour la jeune génération de stagiaires.

Cette atmosphère détendue et bienveillante, dont Rodolph Puechbroussous évoque lui aussi l’enthousiasme et le bon esprit, est tout à fait propice à une dynamique d’exigence et d’émulation.

Le stage se déroule sur une semaine complète – du samedi au samedi – et le programme est intensif ! Les élèves sont par ailleurs constamment sollicités à travers des mises en situations quotidiennes : aubades en différents lieux de la ville, grands ensembles, marching band… sans compter la très belle programmation de la scène offerte (pas gratuite, on tient à cette nuance) à laquelle ils vont assister pendant les trois jours du Surgères Brass Festival.

Ajoutez à cela la présence d’invités prestigieux dont les interventions ponctuent l’emploi du temps des stagiaires : l’Académie des Cuivres et Percussions de Surgères est un repaire de talents.
Cette année, les trompettistes ont ainsi eu la chance de participer à une master class de Sebastien Berner, dernier lauréat du concours Maurice André et trompettiste solo de l’Orchestre symphonique de la radio de Francfort.

Forte de ses vingt-six éditions et bien implantée dans le milieu musical, l’Académie attire chaque année un large spectre de stagiaires, allant de jeunes débutants à des étudiants en pré-professionnalisation préparant des concours.

Pour Charly Villoteau, “la palette est tellement large que c’est très intéressant pour tout le monde, et pas seulement pour les enseignants : cela permet aux petits d’écouter les grands, et aux grands qui vont devenir professeurs de voir comment on fait cours avec des petits”.

Jérémie Dufort accorde une importance particulière au choix du répertoire pour les ensembles qu’il dirige, faisant en sorte – notamment pour les plus grands – de proposer des pièces que les stagiaires pourront réinvestir plus tard.

“Par exemple, l’année dernière on a fait la suite de L’Oiseau de Feu ( Stravinsky). Je me dis que peut-être, si parmi les stagiaires certains se retrouvent un jour à devoir la jouer en orchestre, après l’avoir vécu ici ils auront acquis des réflexes.
Cette année on fait la première suite d’orchestre de Roméo et Juliette de Prokofiev. C’est un peu une graine qu’on va semer, même s’ils ne s’en rendent peut-être pas compte maintenant. C’est le pari que je fais.”


Rodolphe Puechbroussous quant à lui constate que le niveau augmente au fil des années, preuve de la bonne santé des cuivres en France. Il souligne également la présence de plus en plus nombreuses de filles – aussi bien parmi les élèves que parmi les professeurs. “Un chouette signal”.

Cela nous avait déjà frappés lors du concours de l’Isle-sur-la-Sorgue : aujourd’hui en France, le monde de la trompette est bienveillant, exigeant et inclusif.


À suivre : rencontre avec deux stagiaires de l’Académie également élèves à l’école de musique de Surgères, ainsi qu’avec Yanis Belaïd, ancien stagiaire de l’académie et désormais “Trompette de Michel-Ange” aux côté d’Ibrahim Maalouf.

Émilie pour Trompette Actus 😉

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